L’OCDE épingle la France et d’autres sur l’aide au développement

Reuters – Véronique Tison
Un rapport de l’OCDE épingle plusieurs pays, dont la France, qui ne respectent pas leurs engagements en matière d’aide publique au développement.
La publication de cette étude intervient à la veille d’une réunion, à Madrid, des ministres de l’Union européenne chargés du dossier.

En 2005, les quinze pays de l’UE membres du comité d’aide au développement de l’OCDE s’étaient engagés à consacrer en 2010 au moins 0,51% de leur richesse nationale à l’aide publique au développement (APD).
“L’aide aux pays en développement pour 2010 va atteindre des niveaux records exprimés en dollars après avoir augmenté de 35% depuis 2004”, relève l’Organisation de développement et de coopération économiques dans un communiqué.

“Ce sera néanmoins toujours moins que les aides promises par les principaux donneurs de la planète il y a cinq ans à l’occasion des sommets de Gleneagles et du Millénaire +5.”
L’organisation chiffre à 21 milliards de dollars l’écart entre les promesses d’il y a cinq ans et les projections pour 2010, du fait des “résultats insatisfaisants de plusieurs grands donneurs”.
Selon l’étude, la France consacrera cette année 0,46% de son produit national brut à l’APD, l’Allemagne 0,40%, l’Autriche 0,37%, le Portugal 0,34%, la Grèce 0,21% et l’Italie 0,20%, loin des 0,51% promis.

A l’inverse, d’autres pays européens dépasseront leurs objectifs avec en tête la Suède dont l’aide publique au développement, la plus importante du monde, représente 1,03% de sa richesse nationale.
Elle est suivie par le Luxembourg (1%), le Danemark (0,83%), les Pays-Bas (0,8%), la Belgique (0,7%), le Royaume-Uni (0,56%), la Finlande (0,55%), l’Irlande (0,52%) et l’Espagne (0,51%).
Les autres pays du Comité d’aide au développement de l’OCDE avaient pris des engagements à hauteur variable pour 2010 “et la plupart, mais pas tous, les honoreront”, indique l’organisation basée à Paris.

Les Etats-Unis s’étaient engagés à doubler leur aide à l’Afrique sub-saharienne entre 2004 et 2010, le Canada promettant de son côté de doubler le montant de son enveloppe 2001 pour l’aide internationale d’ici à 2010 en valeur symbolique.
L’Australie visait quatre milliards de dollars australiens et la Nouvelle-Zélande prévoyait d’atteindre un niveau de 600 millions de dollars néo-zélandais d’ici à 2012-13.
“Ces quatre pays semblent être sur la bonne voie pour atteindre ces objectifs”, précise l’OCDE.

“La Norvège maintiendra le niveau de sonD à 1% de son PNB, et la Suisse parviendra probablement à 0,47%, dépassant son objectif précédent de 0,41%”, ajoute-t-elle.
Le Japon, au sommet de Gleneagles, s’était engagé à donner 10 milliards de plus au cours de la période 2005-2009 que s’il était resté sur sa base de contribution de 2004. En 2008, sa contribution était de quatre milliards de dollars en-dessous et, ses derniers chiffres n’étant pas encore connus, les calculs de l’OCDE sont fondés sur la supposition que l’aide se maintiendra au même niveau qu’en 2008.

“Globalement, ces chiffres aboutissent à une aide supplémentaire de 27 milliards de dollars US entre 2004 et 2010, mais un écart de 21 milliards demeure entre les promesses des donneurs en 2005 et les résultats des estimations de l’OCDE pour 2010”, note l’organisation.
Sur cette somme manquante, 17 milliards de dollars résultent de dons moins importants que promis par les donneurs et quatre milliards de dollars correspondent à des PNB moindres par rapport aux prévisions du fait de la crise économique.

“L’aide a fortement augmenté puisque 16 donneurs ont honoré leurs engagements. Mais les niveaux insatisfaisants d’autres dont l’Allemagne, l’Autriche, la France, la Grèce, l’Italie, le Japon et le Portugal, signifient que le niveau de l’aide globale va considérablement faire défaut à ce qui a été promis”, a déclaré Eckhard Deutscher, président du Comité d’aide au développement de l’OCDE.
“Ces engagements ont été pris et confirmés à plusieurs reprises par les chefs de gouvernement et il est essentiel qu’ils soient pleinement respectés”, a-t-il ajouté.

Lors du débat budgétaire en novembre, le secrétaire d’Etat français à la Coopération, Alain Joyandet, avait affirmé que l’effort d’APD serait supérieur en 2010 à celui de 2009.
L’APD de la France se situerait ainsi cette année entre 8,66 et 9,36 milliards d’euros en fonction des annulations de dettes, soit dans une fourchette allant de 0,44% à 0,48%.
Edité par Sophie Louet

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