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Mexique : la violence se poursuit

13 mai 2019

 

Rappel du contexte

 

Depuis le début de la “guerre contre la drogue” en 2006, l’offensive menée avec l’aide de l’armée a contribué à fragmenter les cartels en cellules délictueuses plus petites et plus violentes, qui pratiquent également vols, rackets et enlèvements.

Près de 29.000 meurtres liés au crime organisé ont été commis au Mexique l’an dernier.

 

Au cours du premier trimestre de l’année, les violences ont atteint un nouveau record au Mexique avec 8.943 assassinats, soit une hausse près de 10% par rapport à la même période l’an dernier.

 

Plus de 40.000 personnes sont portées disparues au Mexique, pour la plupart victimes de la violence liée au narcotrafic. Des charniers contenant parfois plusieurs centaines de cadavres sont régulièrement découverts à travers le pays.

 

 

Un syndicaliste assassiné

 

Un dirigeant syndical mexicain a été abattu samedi par des inconnus dans la ville de Salamanca, dans le centre du pays, théâtre de violences entre gangs rivaux sur fond de vol de pétrole.

Gilberto Munoz, ancien parlementaire fédéral, dirigeait le Syndicat national des industries chimiques et pétrochimiques.

 

Une des six raffineries de pétrole du Mexique se trouve à Salamanca, dans l’Etat du Guanajuato. Les installations sont sous protection militaire depuis le début de l’année dans le cadre de la lutte orchestrée par le président Andres Manuel Lopez Obrador contre les vols d’hydrocarbures, responsables d’une flambée de violences.

 

 

34 cadavres découverts dans des fosses communes

 

Trente-quatre cadavres ont été découverts dans deux fosses communes distinctes à Guadalajara, la deuxième plus grande ville du Mexique.

La découverte de ces corps constitue un coup dur pour le crime organisé local, a estimé le procureur. Quatre suspects ont été arrêtés.

 

L’Etat de Jalisco est l’un des plus touchés par le crime organisé et les violences liées au narcotrafic. Le président Andres Manuel Lopez Obrador, entré en fonction en décembre dernier, a fait une priorité de la lutte contre la violence liée aux cartels de drogue.

 

 

Les mères de disparus manifestent à travers le Mexique

 

Des mères de disparus ont défilé à Mexico et dans d’autres villes du pays pour réclamer justice et protester contre l’incapacité des autorités à retrouver leurs proches.

Plus de 40.000 personnes sont portées disparues au Mexique, pays qui connaît depuis plusieurs années une vague de violence liée aux cartels de drogue.

 

Baptisée “Marche pour la dignité nationale”, cette manifestation s’est déroulée dans 16 villes du pays à l’occasion de la Fête des mères, à l’initiative d’une soixantaine de collectifs de proches de disparus et d’ONG.

 

Le président Andres Manuel Lopez Obrador a salué les mères mexicaines lors de sa conférence de presse quotidienne, précisant qu’il avait une pensée particulière pour celles “qui cherchent leurs enfants disparus”.

 

 

Enquête sur de possibles charniers au sein d’une prison

 

Une enquête a été ouverte dans une prison du Mexique sur la foi d’informations faisant état de charniers contenant plus de 40 cadavres au sein même de l’établissement, ont annoncé les autorités locales.

 

Cette enquête vise le centre pénitentiaire de Coatzacoalcos, une grande cité portuaire et pétrochimique de l’Etat de Veracruz (sud-est).

Il s’agirait de personnes assassinées entre 2010 et 2018 par Los Zetas, un des cartels de la drogue les plus puissants.

 

Parmi elles se trouveraient plusieurs avocats portés disparus ainsi que des victimes de rackets ou d’enlèvements n’ayant pas versé leur rançon.

L’Etat de Veracruz est l’un des plus violents. Les cartels de Jalisco Nouvelle génération et de Los Zetas s’y disputent le contrôle du trafic de stupéfiants.

 

 

Manifestation contre le président Lopez Obrador

 

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté début mai dans les rues de Mexico pour demander la démission du président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, qui fait face à un mouvement de contestation majeur pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en décembre dernier.

 

Si l’ancien maire de Mexico disposait d’une cote de popularité d’environ 80% au début de son mandat, plusieurs de ses décisions – comme l’annulation de la construction d’un nouvel aéroport dans la capitale mexicaine – et sa difficulté à stopper les violences liées au narcotrafic dans le pays ont insinué le doute parmi ses partisans et ses détracteurs.

 

 

Un journaliste tué lors de la Journée pour la liberté de la presse

 

La commémoration de la Journée mondiale de la liberté de la presse a été endeuillée par la mort d’un journaliste assassiné dans le sud du Mexique. Un pays qui est considéré comme le plus dangereux d’Amérique latine pour exercer le métier de journaliste.

 

Dans l’émission qu’il animait, Santiago Enriquez cherchait à promouvoir les droits des indigènes.

Mais il ne manquait pas non plus de critiquer les gouvernants. Récemment encore, il avait dénoncé publiquement des autorités municipales pour détournement de fonds publics.

 

Les actes de violence contre les journalistes, qui demeurent impunis dans 90 % des cas, sont commis soit par des membres du crime organisé, soit par des autorités ou des politiques qui veulent bâillonner la presse locale ou régionale.

 

Ce qui oblige souvent les journalistes à s’autocensurer ou alors à demander protection au gouvernement mexicain selon un mécanisme qui s’est avéré déficient, mais que Lopez Obrador s’est engagé à renforcer.

 

Sources : Reuters, AFP, RFI

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