S'abonner par email

Rueé sur l’Afrique

Les Africains embarrassés par une présence chinoise devenue étouffante

 

La montée en puissance de la Chine en matière économique sur le continent africain ne fait pas que des heureux. Loin de là. La colère gronde dans plusieurs pays où l’image de Pékin s’est considérablement dégradée.

 

Il y a une vingtaine d’années, l’irruption de la Chine sur la scène africaine avait été applaudie. Elle avait suscité beaucoup d’espoir aux quatre coins du continent. Aujourd’hui, l’enthousiasme s’est progressivement dissipé pour céder la place à la désillusion, explique à France info Afrique Emmanuel Véron, enseignant-chercheur à l’Ecole navale et spécialiste de la Chine.

 

Les scandales se sont multipliés à travers le continent impliquant des Chinois dans des opérations irrégulières, voire mafieuses. Pour la première fois, un pays africain, le Kenya, vient d’ordonner l’expulsion de 200 citoyens chinois. Ils menaient des activités commerciales illégales et ne disposaient d’aucun permis de séjour valide.

 

Une autre affaire défraye la chronique depuis le mois de mars, à Libreville au Gabon, après la découverte de 5000 mètres cube de bois précieux dans deux sites d’entreposage appartenant à des sociétés chinoises. La justice gabonaise a mis en cause un influent entrepreneur originaire de l’Empire du Milieu et accusé d’être le cerveau de ce trafic.

 

Désormais, les entreprises chinoises, bien présentes sur le terrain, font comme tout le monde pour se remplir les poches. Braconnage des espèces menacées, prédations sur les ressources minières, trafic de bois précieux… Tous les coups sont permis.

 

Des groupes criminels et mafieux chinois très structurés et liés à des diasporas font des affaires juteuses, en exploitant ces ressources pour le marché chinois. Les contrebandiers se régalent.

Emmanuel Véron observe une courbe croissante de la démographie chinoise tous azimuts en Afrique.

 

Des Chinois qui profitent des chaînes d’approvisionnement en provenance de leur pays pour imposer une concurrence très forte qui gêne énormément les capacités de production des populations africaines.

 

Accusé d’entraîner l’Afrique dans le « piège de la dette », Pékin s’en défend

 

Pékin soutient des projets de développement « durables » en Afrique, a affirmé ce mardi 25 juin le ministre chinois des Affaires étrangères, récusant ceux qui accusent la Chine d’entraîner les pays du continent dans le « piège de la dette ». Des propos déjà tenus par le président chinois lors du sommet Chine-Afrique de septembre dernier.

 

La Chine se défend suite à l’avertissement lancé par le secrétaire d’Etat américain adjoint chargé de l’Afrique. « Les pays africains qui contractent une dette qu’ils ne peuvent pas rembourser, y compris à la Chine, ne doivent pas s’attendre à être renfloués ».

 

Selon le FMI, 40% des pays à faible revenus du continent sont surendettés ou en voie de le devenir.

En septembre dernier, le président chinois s’était engagé à annuler la dette contractée lors d’emprunts chinois sans intérêt pour les pays les plus pauvres d’ici à la fin de l’année.

 

 

Les États-Unis souhaitent investir plus dans le secteur privé africain

 

Le gouvernement américain espère contrebalancer l’influence croissante de Pékin et de Moscou sur le continent.

Les États-Unis très critiques envers une politique chinoise qu’ils qualifient de « diplomatie de la dette » ont réformé leurs outils d’influence.

 

Ils ont mis sur pied une nouvelle société de financement, l’USIDFC, qui va notamment englober l’OPIC, l’outil de financement américain pour le secteur privé africain.

L’USIDFC devrait pouvoir mobiliser 60 milliards de dollars pour les pays en voie de développement, dont une part substantielle pour l’Afrique.

 

L’Amérique qui reste toujours l’un des principaux investisseurs sur le continent entend tout miser sur le secteur privé. A contrario, l’aide au développement bilatérale va diminuer ainsi que la participation américaine aux missions de maintien de la paix de l’ONU.

 

 

Economie : la Russie veut intensifier ses échanges avec l’Afrique

 

Le Forum économique de Saint-Pétersbourg s’est achevé le 8 juin en Russie. Le rendez-vous d’affaires le plus important du pays attire un nombre croissant d’entrepreneurs africains. Les relations d’affaires entre la Russie et l’Afrique ne cessent en effet de se développer.

 

La Russie entend jouer un rôle accru sur les plan diplomatique, stratégique, mais aussi économique. En 2018, les échanges entre les pays africains et la Russie ont franchi la barre des 20 milliards de dollars et pourraient encore augmenter.

 

La Russie arrive tardivement sur le continent africain, bien après les puissances occidentales, la Chine, l’Inde ou la Turquie. Elle a pourtant une carte à jouer, ne serait-ce qu’en raison des liens noués à l’époque soviétique.

 

Pour réussir son retour, la Russie a engagé une véritable opération séduction en direction du continent africain. La prochaine étape sera l’organisation du tout premier sommet Russie-Afrique, en octobre prochain à Sotchi, sur les bords de la mer Noire.

 

 

Les manœuvres de la Russie pour accroître son influence en Afrique

 

Comme d’autres grandes puissances, Moscou s’intéresse au continent africain, mais avec une approche différente, selon une enquête du journal britannique “The Guardian”. 

Equipements militaires, services de sécurité, conseils politiques… La Russie cherche à se rendre indispensable en Afrique.

 

La mission est dirigée par Evgueni Prigojine, un homme-clé du Kremlin, affirme The Guardian. Le journal se base sur des documents divulgués par The Dossier Center, une plateforme d’investigation basée à Londres et financée par l’opposant et homme d’affaires russe en exil, Michael Khodorkovsky.

 

Le retour de la Russie sur le Continent s’est amorcé fin 2014 après les sanctions occidentales consécutives à l’annexion de la Crimée. Moscou cherche de nouveaux partenaires et de nouveaux débouchés commerciaux. Avec ses richesses et ses fragilités, l’Afrique semble répondre aux attendus du moment.

 

En moins de trois ans, des amitiés géopolitiques sont nouées avec une dizaine de pays.

La Russie s’implante en Afrique en mettant en avant son aide et son expertise militaire. L’exemple le plus frappant est celui de la République centrafricaine avec le déploiement d'”instructeurs” censés former les soldats de l’armée et assurer la sécurité dans le pays.

 

Il s’agit d’agents de la société privée Wagner financée par l’homme d’affaires russe Evgueni Prigojine. Cette approche permet surtout à Moscou de bénéficier des concessions minières, selon les documents confidentiels cités par The Guardian.

 

Des ONG et des médias, présentés comme panafricains et indépendants, ont été créés dans des pays africains. Ils sont en général très critiques vis-à-vis de la politique africaine de la France. On citera par exemple Africa Daily Voice, dont le siège est au Maroc, et Afrique Panorama, basé à Antananarivo, la capitale malgache.

 

Tous ces projets sont financés par l’oligarque russe Evgueni Prigojine. C’est lui qui finance l’Internet Research Agency de Saint-Pétersbourg, une fabrique de fausses nouvelles, accusée d’avoir participé à la manipulation des élections américaines en 2016 et qui continue d’instrumentaliser les réseaux sociaux au profit du président Poutine.

 

Sources : RFI, France Info

Poster un Commentaire

avatar

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

  S'abonner aux commentaires  
Me notifier des