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Sahel : la lutte contre les djihadistes semble impossible

Sahel : la lutte contre les djihadistes semble impossible

22 octobre 2019

 

Rappel du contexte

 

Face aux attaques djihadistes, force est de constater que la force multinationale (Mauritanie, Mali, Burkina, Niger, Tchad) qui devait comprendre 5.000 hommes, l’opération Barkhane (4.500 militaires), et la Minusma (Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation pour le Mali, 13.000 hommes) n’arrivent pas à faire front.

 

Depuis plusieurs mois, le nord du Burkina et le centre du Mail subissent des attaques djihadistes.

Des analystes pensent que plusieurs groupes terroristes seraient à la manœuvre dans ces récentes attaques. Et posent la question de leur possible collaboration.

 

Mi-septembre, les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont donc décidé d’un plan d’un milliard de dollars sur quatre ans pour éviter notamment que les jihadistes étendent leurs attaques aux pays situées plus au sud. 

 

Le président de la commission de la Cédéao, Jean-Claude Brou, a planté le décor : “2.200 attaques ces quatre dernières années, 11.500 morts, des milliers de blessés”, “des millions de déplacés”, une “activité économique considérablement affectée”, des “conflits intercommunautaires exacerbés” au Sahel et une menace qui s’étend au Sud.

 

 

G5 Sahel : vers une plus grande coopération des polices aux frontières

 

Les pays du G5 Sahel veulent « dynamiser » l’action de leurs polices aux frontières pour mieux lutter contre le trafic d’armes et le terrorisme.

Dans la lutte contre le terrorisme, il y a les militaires, mais aussi les forces de police.

 

Depuis 2017, ce sont les polices des frontières qui sont sollicitées pour renforcer la surveillance entre les pays du G5 Sahel. Des policiers plus proches des populations locales et qui doivent travailler à une meilleure implication des civils pour relever le défi sécuritaire.

 

Kaka Abdoulaye, le coordinateur de la plateforme de coopération en matière de sécurité du G5 Sahel, explique : « Autour des problèmes majeurs comme le terrorisme qu’il y a entre le Niger et le Burkina Faso, entre le Mali et le Burkina, il y a la criminalité organisée, la fraude. Il est clair que le terrorisme se nourrit des trafics qui sont entretenus ».

 

 

Au Mali

 

Au Mali les violences jihadistes se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant à des conflits intercommunautaires qui ont fait des centaines de morts.

De larges pans du territoire échappent au contrôle du pouvoir central malien.

 

Les doutes sont renforcés quant à la capacité du gouvernement à faire face à la situation, malgré l’appui de missions armées française (Barkhane), africaine (le G5 Sahel) et onusienne.

La dégradation va de pair avec une sévère crise humanitaire (4 millions de personnes), près de 170.000 personnes déplacées et 1/5e de la population ayant besoin d’une aide humanitaire.

 

Selon le dernier rapport de la Minusma (la force de l’ONU), entre juin et septembre, les groupes jihadistes ont mené 62 attaques au Mali. Près d’un tiers se sont déroulées dans les régions du centre.

 

Le 30 septembre notamment, une double attaque a tué plus de 80 soldats maliens.

Les populations locales doutent de l’efficacité de la Minusma, au point d’avoir manifesté pour réclamer son départ.

 

 

Au Burkina Faso

 

Le Burkina Faso, pays pauvre d’Afrique de l’Ouest, est pris depuis quatre ans et demi dans une spirale de violences, attribuées à des groupes armés jihadistes.

Depuis début 2015, les attaques jihadistes, de plus en plus fréquentes et meurtrières, surtout dans le nord et l’est, ont fait plus de 585 morts, selon un comptage de l’AFP.

 

Les attaques contre les populations civiles et les forces de défense et de sécurité se multiplient, malgré des opérations dans différentes régions.

Ouagadougou, la capitale, a été touchée à trois reprises par des attentats. 

 

La sécurisation de l’arsenal des forces armées est devenue un véritable enjeu.

Car les bases militaires, gendarmeries, postes de police sont de plus en plus la cible d’attaques qui permettent aux assaillants de voler du matériel.

 

Ces attaques ont créé une crise humanitaire avec près de 300.000 déplacés qui ont fui le nord et l’est pour se réfugier plus au sud à où la pression jihadiste est moins forte.

Les attaques ont aussi attisé les violences intercommunautaires.

Et environ 2.000 écoles sont fermées.

 

Face à la multiplication des attaques dans les régions du Sahel, du Nord, et du Centre-Nord, les gouverneurs respectifs de ces régions ont annoncé des mesures, réduisant la circulation dans leurs régions.

 

Comme au Mali, des manifestants ont dénoncé la présence de forces étrangères.

Selon les organisateurs du rassemblement, la présence de forces étrangères ne vise qu’à « renforcer la domination des ex-puissances coloniales et le pillage des ressources naturelles » de leurs pays.

 

« La lutte contre le terrorisme est devenue, de nos jours, un prétexte pour les forces étrangères de s’installer dans les pays de la sous-région. Leur seul objectif : exploiter les ressources telles que l’uranium, le gaz, le pétrole, l’or et le diamant, entre autres », a déclaré Gabin Korbeogo, président de l’Organisation démocratique de la jeunesse.

 

Sources : RFI, AFP

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