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Soudan : de nombreuses ruptures avec l’ancien régime

Soudan : de nombreuses ruptures avec l’ancien régime

18 octobre 2019

 

La purge des caciques de l’ex-régime se poursuit

 

Le gouvernement soudanais continue d’assainir l’appareil d’État en évinçant les cadres de l’ancien régime. Après la purge le mois dernier dans l’enseignement supérieur, ce sont de hauts responsables de l’ancien régime qui ont été démis de leur fonction.

Des têtes commencent également à tomber au sein des grandes compagnies nationales.

 

Ce mercredi 16 octobre, le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a remplacé Mahjoub Othmane, le directeur de la compagnie nationale minière. Deux hauts responsables ministériels ont également été remplacés.

Les membres de l’ancien régime sont encore très nombreux à occuper des postes au sein de l’appareil d’État.

 

Alors que certains considèrent le parti mort avec le départ d’Omar el-Béchir, d’autres estiment qu’il reste dangereux. Le ministre des Finances appelle à saisir les bureaux et les avoirs du parti Congrès national pour les vendre aux enchères et pour rembourser une partie de la dette du Soudan.

 

 

Une femme nommée à la tête de la Cour suprême au Soudan

 

C’est une première historique au Soudan : une femme nommée à la tête de la Cour suprême. Neemat Abdallah Mohamed Khair est une juge expérimentée et connue pour son intégrité. Elle a été choisie alors que depuis des semaines des manifestations réclament une justice plus indépendante dans le pays.

 

À la différence d’autres juges, qui ont longtemps servi les intérêts de l’ancien régime, la magistrate a toujours su rester neutre. Elle est notamment connue pour un arrêt, pris en novembre 2016, qui a sauvé une église d’Omdurman, près de Khartoum. Un homme d’affaires proche du pouvoir souhaitait détruire l’édifice.

 

Son arrivée tombe en même temps que celle de Tag Alsir Ali Alhibir. Cet ancien avocat respecté devient procureur général. De quoi apporter du sang neuf au sommet du secteur judiciaire. D’autant que depuis plusieurs semaines, des activistes prodémocratie exigeant que les occupants de ces postes soient remplacés à cause de leurs liens avec l’ancien régime.

 

 

Une ministre saisit la justice contre un prédicateur extrémiste

 

Le prédicateur Abdel-Hay Youssef a accusé de mécréance la ministre de la Jeunesse et des Sports. Un collectif de 7 avocats a décidé de prendre la défense de la ministre, tout comme son collègue ministre des Affaires religieuses.

 

Le prédicateur intégriste a aussi critiqué la ministre pour avoir organisé le premier championnat de football de femmes.

Abdel-Hay Youssef était déjà connu pour ses discours qui diffusent la haine et ses fatwas qui visent particulièrement les femmes.

 

Durant trente ans, le régime d’Omar el-Béchir s’est servi de ce salafiste endurci pour opprimer la femme, assurent les avocats.

Selon Mohamad Youssef Mohamad, l’un des avocats, le prédicateur Abdel-Hay Youssef ne saisit pas encore la réalité du changement qui a eu lieu au Soudan.

 

Les avocats érigent cette affaire en symbole pour un nouveau Soudan et d’un État de droits. Le ministre des Affaires religieuses, qui a pris la défense de la ministre, a déclaré vouloir légiférer bientôt contre les pratiques religieuses extrémistes.

 

 

Le Premier ministre s’attaque à l’influence des Frères musulmans dans les universités

 

Le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok a démis de leurs fonctions, début octobre, 35 directeurs et présidents de conseils administratifs dans les universités publiques.

Le gouvernement veut assainir progressivement les secteurs publics pour écarter les responsables fidèles à l’ancien régime d’Omar el-Béchir.

 

C’est une guerre que le Premier ministre engage contre le pouvoir des Frères musulmans, selon des sources proches du gouvernement. Première cible : l’enseignement supérieur.

Et c’est désormais une femme qui dirige l’université de Khartoum.

 

Cette mesure attendue a été largement saluée sur les réseaux sociaux. Pour certains observateurs, c’est un prélude pour récupérer le prestige des universités soudanaises et pour éviter l’islamisation de l’enseignement supérieur. De nombreux Soudanais souhaitent que cette purge soit élargie à d’autres secteurs publics, toujours contrôlés par les Frères musulmans.

 

Source : RFI

 

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