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Turquie : un régime toujours plus autoritaire

Turquie : un régime toujours plus autoritaire

28 novembre 2019

 

Rappel du contexte

 

Depuis la tentative de renversement du gouvernement d’Erdogan en juillet 2016, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées où suspendues. Parmi elles, des milliers de journalistes, militaires et autres membres de la société civile. Depuis, les démocraties occidentales, surtout européennes, accusent le gouvernement de basculer dans une dérive autoritaire.

 

 

Un grand nombre de personnes disparaissent mystérieusement puis réapparaissent amaigries

 

Mustafa Yilmaz vient d’être retrouvé dans un poste de police.

Selon le décompte de parlementaires et d’activistes locaux, le physiothérapeute de 33 ans est l’un de 28 hommes que les services de sécurité turques sont soupçonnés d’avoir fait disparaître depuis le coup d’Etat manqué de juillet 2016.

 

La méthode rappelle le souvenir encore vif des pratiques courantes dans les années 1990 contre les opposants politiques en Turquie. Les raisons de la disparition de ces hommes sont un mystère, comme leur réapparition soudaine dans un poste de police.

 

En juillet, quatre de ces hommes sont, comme M. Yilmaz, subitement “réapparus” dans une cellule de station de police.

Si certains disparus sont réapparus, d’autres cas de disparations inexpliquées ont récemment été signalés.

 

 

Un procureur réclame de la prison pour le président d’Amnesty en Turquie

 

Un procureur turc a requis des peines de prison pour plusieurs défenseurs des droits humains, dont le président de la branche locale d’Amnesty International, jugés pour “terrorisme” dans un procès décrié par les ONG.

 

Accusé par les autorités turques d’appartenir au mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, désigné par Ankara comme le cerveau du putsch manqué de l’été 2016, M. Kiliç comparaissait avec 10 autres défenseurs des droits humains, dont une ancienne directrice d’Amnesty.

 

La pièce principale du dossier d’accusation est l’utilisation par Taner Kiliç de la messagerie ByLock, une application de communication cryptée utilisée par les partisans de Gülen, selon Ankara.

 

 

La répression se poursuit contre le HDP, le principal parti pro-kurde

 

En Turquie, la répression continue de frapper le principal parti pro-kurde, le HDP. Mercredi 27 novembre, plusieurs membres et cadres du parti, dont un ancien député, ont été placés en garde à vue. Le 26 novembre, ce sont 3 maires du HDP qui ont été incarcérés.

 

Ces trois derniers mois, les autorités turques ont démis de leurs fonctions 24 des 65 maires HDP et emprisonné 18 d’entre eux au prétexte de liens avec le terrorisme. Les deux anciens dirigeants du parti croupissent en prison depuis trois ans, comme des milliers de ses militants.

 

La situation est devenue tellement intenable que le parti pro-kurde a réclamé la tenue d’élections anticipées.

Mais l’alliance anti-Erdogan s’est essoufflée : la réaction des autres partis d’opposition n’est pas allée au-delà de quelques protestations verbales.

 

 

Le journaliste Ahmet Altan de nouveau arrêté

 

Le journaliste renommé Ahmet Altan a de nouveau été arrêté ce mardi 12 novembre, sur décision de la justice turque, une semaine après sa libération de prison où il se trouvait pour son implication présumée dans le putsch manqué de 2016, selon la police.

 

Amnesty International a dénoncé une arrestation « scandaleuse ». « Il est impossible de ne pas voir dans cette décision autre chose qu’une punition » contre un homme « déterminé à ne pas être bâillonné », a déclaré la directrice pour l’Europe d’Amnesty, Marie Struthers.

 

 

Les réfugiés syriens sous ultimatum en Turquie

 

Le gouvernement turc a resserré l’étau sur les trois millions et demi de Syriens réfugiés. Dans la plus grande ville, Istanbul, les Syriens en situation irrégulière avaient jusqu’au 30 octobre pour quitter la province, sous peine d’être arrêtés.

 

Les ONG dénoncent un renvoi de force.

Si les Syriens refusent de quitter la province, ils risquent d’être arrêtés et, officiellement, reconduits dans leur province d’enregistrement. Ou peut-être renvoyés de force dans leur pays en guerre…

 

Des ONG internationales accusent d’ailleurs Ankara d’avoir expulsé des centaines de Syriens ces derniers mois, ce que les autorités démentent.

La Turquie espère renvoyer, à terme, près de deux millions de Syriens dans une zone tampon dans le nord de la Syrie. Un des grands objectifs de son offensive contre les forces kurdes.

 

Sources : RFI, AFP

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