« Une heure pour la planète » : un black out mondial pour lutter contre le réchauffement climatique

PARIS (AFP) – Les Pyramides et le Sphinx d’Egypte, la Tour Eiffel à Paris, la Fontaine de Trevi à Rome, Bourj Khalifa de Dubaï, le plus haut gratte-ciel du monde, après l’Opéra de Sydney, le front de mer de Hong Kong et le mémorial d’Hiroshima, l’Empire State building à New York ont tour à tour été plongés dans l’obscurité samedi pour l’opération mondiale « Une heure pour la planète » destinée à promouvoir la lutte contre le réchauffement climatique.

En Egypte, le plateau de Guizeh qui regroupe trois pyramides et le Sphinx, ainsi que la Citadelle du Caire dominée par la coupole de la Mosquée de Mohammad Ali ont éteint tout éclairage, donnant pour un moment à la ville aux mille minarets des allures fantomatiques.
A Paris, le palais de l’Elysée et plus de 240 monuments et bâtiments dont la cathédrale Notre-Dame de Paris, ont éteint leurs lumières pendant une heure et la Tour Eiffel pendant cinq minutes.

A Rome, la Fontaine de Trevi, immortalisée par la chanson et le cinéma, a été plongée dans le noir après que l’acteur Ricky Tognazzi et Fulco Pratesi, président honoraire du Fonds mondial pour la nature (WWF) ont actionné symboliquement un grand interrupteur placé devant la fontaine.
A Stockholm les lumières du Palais Royal se sont éteintes pendant une heure tandis que sur la place de Kungsträdgaarden, des chanteurs donnaient un concert de musique pop.

Moscou a éteint les lumières pendant une heure de ses 37 bâtiments, ponts, monuments et hôtels les plus célèbres permettant à la capitale russe d’économiser quelque 2.850 megawatts, a annoncé la mairie.
A Dubaï, les promeneurs, en dishdasha blanche pour les Emiratis ou en short pour les touristes, ont formé, munis chacun d’une petite lanterne, un long ver luisant le long du bord de mer tandis que la capitale commerciale du Golfe avec sa tour Bourj Khalifa, avec 828 m la plus haute du monde, était plongée dans le noir.

A Sydney, où les sirènes des ferries du port ont retenti pour donner le signal du « black-out » à 20H30 locales (09H30 GMT), les immeubles de bureaux et des millions de foyers australiens sont restés sans lumière.
Cette année, près de 4.000 villes dans 125 pays, contre 88 l’an dernier, participent à l’événement organisé par le WWF, soit un nombre record de participants quelques mois après les résultats décevants du sommet de l’ONU à Copenhague sur le climat.

Parmi les 1.200 monuments qui avaient prévu de couper leur éclairage non essentiel pendant une heure figurent, outre la Tour de Pise en Italie et Saint Paul à Londres.
A Rio de Janeiro, le Christ du Corcovado qui surplombe la baie, le Pain de sucre et la plage de Copacabana sont restés plongés dans le noir. 72 villes du Brésil, y compris Manaus, ont éteint leurs lumières pour une heure.

En Chine, l’extinction de la Cité interdite et du « Nid d’oiseau », le stade emblématique des jeux Olympiques de Pékin en 2008, revêtaient un aspect particulièrement symbolique dans ce pays à la croissance économique fulgurante, qui s’est aussi attiré le titre de plus gros pollueur de la planète.
Trois heures avant Sydney, le petit archipel néo-zélandais des îles Chatham avait discrètement éteint ses générateurs, ne laissant que douze éclairages publics allumés. L’opération mondiale devait se terminer 24 heures plus tard aux îles Samoa.

Ont suivi la forêt de néons du front de mer de Hong Kong, les bureaux de Jakarta, Séoul et Tokyo.
Une centaine d’étudiants ont allumé des bougies et applaudi quand la lumière s’est éteinte sur le Mémorial de la paix d’Hiroshima, un des rares bâtiments à avoir survécu à la bombe atomique qui a ravagé la ville en 1945, selon un responsable local.

L’obscurité a aussi recouvert aux Etats-Unis de célèbres sites et monuments comme le Mont Rushmore, l’Empire State Building et la cathédrale de Washington.
Le plus haut gratte-ciel d’Amérique Nord, la Sears Tower rebaptisée Willis Tower et ses 110 étages à Chicago a fait de même.

Devaient suivre le Golden Gate Bridge à San Francisco, le « Strip » de Las Vegas, où sont alignés les casinos. 30 Etats américains et 150 villes ont apporté leur soutien à l’évenement, ont indiqué les organisateurs
« Le changement climatique est un sujet d’inquiétude pour chacun d’entre nous. Les solutions sont entre nos mains et sont prêtes à être appliquées par les individus, les communautés, les entreprises et les gouvernements à travers le monde », a dit vendredi le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

Cette opération, née à Sydney en 2007, survient trois mois après l’échec du sommet de Copenhague sur le climat. Un accord a minima fixe comme objectif de limiter à deux degrés la hausse moyenne de la température de la planète mais reste très évasif sur les moyens d’y parvenir, ne donnant aucun objectif chiffré à court terme (2020) ou moyen terme (2050).
Mais les grands pays émergeants, dont la Chine et l’Inde, s’arc-boutent contre toute tentative de leur faire accepter des contraintes.

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