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Yémen : la guerre redouble d’intensité, aucune issue en vue

4 avril 2019

 

Le Yémen est déchiré par un conflit dévastateur depuis l’intervention d’une coalition arabe sous commandement saoudien en mars 2015 pour soutenir des forces pro-gouvernementales contre les rebelles Houthis.

 

Ceux-ci sont soutenus par l’Iran, grand rival chiite de l’Arabie saoudite sunnite au Moyen-Orient. Le conflit a provoqué la pire catastrophe humanitaire au monde selon l’ONU et a fait plus de 10.000 morts sur les deux premières années. Des ONG estiment que le bilan des victimes est largement supérieur.

 

Les affrontements entre rebelles chiites Houthis et forces gouvernementales soutenues par la coalition saoudienne sont en ce moment d’une intensité sans précédent depuis la trêve du 18 décembre, disent les témoins.

 

Notamment à Hodeïda, port stratégique de l’ouest du pays.

Le cessez-le-feu conclu à Stockholm était jusqu’ici globalement respecté malgré les désaccords sur la démilitarisation d’Hodeïda.

 

 

Le Congrès exige de Trump l’arrêt de l’engagement militaire au Yémen, une première ; mais il va sûrement mettre son veto

 

Le Congrès américain a approuvé jeudi une résolution exhortant Donald Trump à arrêter tout soutien à la coalition saoudienne dans la guerre au Yémen, infligeant un sévère camouflet au président qui va probablement mettre son veto.

 

En limitant les pouvoirs présidentiels en matière d’engagement dans un conflit à l’étranger, ce vote marque une première historique. “Nous assistons aujourd’hui au Yémen à un désastre humanitaire sans précédent”, a tonné le sénateur indépendant et candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders, auteur de la résolution.

 

La Chambre des représentants, à majorité démocrate, a voté le texte (247 voix pour, contre 175) qu’avait déjà approuvé le Sénat, contrôlé par les républicains.

Au moins une quinzaine d’élus républicains de la Chambre, dont deux proches alliés de Donald Trump, ont approuvé la proposition de loi.

 

Soit un revers particulièrement humiliant pour le président républicain, forcé d’employer son droit de veto présidentiel s’il veut bloquer une mesure adoptée avec le soutien d’une partie de son propre camp.

 

Avec la résolution sur le Yémen, “le Congrès exige du président le retrait des forces armées américaines des hostilités dans, ou affectant, la république du Yémen, à l’exception” des opérations visant Al-Qaïda et associés, sous trente jours après l’adoption du texte.

 

Depuis 2015, le Pentagone fournit un “soutien non-combattant” à la coalition menée par l’Arabie saoudite au Yémen, dont la livraison d’armes et du renseignement. Depuis fin 2018, les Etats-Unis ont suspendu leurs opérations de ravitaillement en vol de l’aviation saoudienne.

 

La rare union entre parlementaires démocrates et certains républicains autour de ce vote s’explique en grande partie par la profonde colère provoquée au Congrès américain par l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, en octobre 2018, par un commando venu de Ryad.

 

La réaction tiède de Donald Trump face au jeune prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane –considéré comme “responsable” du meurtre par le Sénat américain– avait indigné jusque dans ses rangs.

 

 

Berlin prolonge de six mois l’arrêt des ventes d’armes à Ryad

 

Le gouvernement allemand a déclaré qu’il allait prolonger pour six mois la suspension des exportations de matériel militaire vers l’Arabie saoudite, une décision qui a tendu les relations entre Berlin et les exportateurs d’armes européens ayant des programmes conjoints avec des firmes allemandes.

 

La décision d’arrêter les livraisons d’armes vers l’Arabie saoudite, prise à la suite du meurtre de Jamal Khashoggi, a été critiquée par des alliés européens pour l’incertitude qu’elle provoque pour des milliards d’euros de commandes militaires. Berlin a aussi appelé Paris et Londres à s’assurer qu’aucun matériel militaire fourni à l’Arabie saoudite ou aux Emirats arabes unis ne soit utilisé dans le conflit au Yémen.

 

 

Mort du choléra, un médecin yéménite se savait confronté à un “désastre”

 

Le médecin yéménite Mohamed Abdoul-Moughni qualifiait de “désastreuse” l’épidémie de choléra contre laquelle il luttait sans moyens ni personnel médical, dans un pays ravagé par des années de guerre.

La maladie l’a tué il y a deux semaines.

 

Depuis 2015, le Yémen fait face à sa troisième épidémie de choléra, une infection bactérienne intestinale qui provoque de graves diarrhées et la mort par déshydratation.

Selon les Nations unies, la maladie se répand comme un “feu de broussailles”. Depuis le début de l’année, l’Onu a recensé 110.000 cas suspects et 200 décès.

 

L’approvisionnement en eau est un problème crucial dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabe. Dans de nombreuses régions, l’eau doit être pompée pour être ramenée à la surface et les pénuries de carburant ont fait grimper le prix de l’eau potable.

Faute de mieux, les personnes utilisent de l’eau contaminée.

 

Le pays est privé de routes pour transporter carburant et nourriture. La chute des importations fait monter les prix, les fonctionnaires ne sont plus payés.

L’Onu et les agences humanitaires multiplient les efforts pour remédier à la situation mais les conditions de travail et d’accès au pays restent très difficiles.

 

Sources : Reuters, AFP

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