Centrafrique : ni Dieu ni maître

 

AUDIO – 20 avril 2018

 

 

ARTICLE – 20 avril 2018

La République Centrafricaine est composée de seulement 15 % de musulmans.

Le reste de la population est chrétien et animiste.

Le conflit actuel a les apparences d’une guerre de religion entre musulmans et chrétiens, car des combattants de chaque religion massacrent des civils innocents de la religion adverse.

 

Mais la réalité est plus complexe, car ce qui se joue en réalité, c’est l’anarchie la plus totale.

De nombreux groupes armés luttent pour s’approprier pouvoir et richesses.

Il y a bien 12 500 Casques bleus de l’ONU en Centrafrique, mais la mission est extrêmement difficile dans ce pays d’Afrique centrale grand comme la France et la Belgique.

 

Cette force de l’ONU, la MINUSCA, alliée aux forces armées légales du pays, essaie de stabiliser la situation.

Mais la tâche est immense, vue la vacance de l’État central.

L’État ne contrôle en réalité que 20 % du pays, c’est-à-dire Bangui et ses alentours.

Le reste est aux mains de milices armées. Lesquelles commettent de nombreuses exactions contre la population.

 

Un des principaux enjeux de l’ONU est actuellement de garder le contrôle sur Bangui, la capitale.

Une milice islamiste y cause de nombreuses violences.

Il y a encore quelques jours, le 10 avril, elle a tué un Casque bleu et blessé 8 autres.

Cet incident fait suite à une opération conjointe lancée 2 jours avant par la MINUSCA et les forces centrafricaines pour lutter contre les groupes criminels de la capitale.

 

Dans le pays, plusieurs Casques bleus sont morts au combat ces dernières années et des dizaines blessés. Ils n’arrivent pas à complètement protéger la population des milices.

Comment se financent ces groupes armés ?

 

Il y a le racket de la population pratiqué aux barrages routiers, de nombreux trafics, comme celui de bétail ou de bois tropicaux.

Il y a aussi le commerce illicite de diamants et d’or, même si des progrès sont constatés dans l’exploitation légale du diamant, via une entreprise chinoise.

 

Le pays est riche aussi d’uranium et de pétrole. L’État ne peut pas profiter de ces ressources actuellement, car les zones sont trop dangereuses.

Les groupes armés n’exploitent ni l’un ni l’autre.

Il existe cependant un risque au sujet des champs pétrolifères dans le nord du pays. Les groupes armés prolifèrent, qu’ils soient locaux ou venant des pays limitrophes.

 

Actuellement la Communauté internationale essaie d’aider la République Centrafricaine à se doter d’une véritable armée.

Mais il faudrait aussi couper les sources de financement des groupes armés en sécurisant les zones des ressources, qui sont nombreuses et porteuses de richesses pour la Centrafrique.

 

Surtout que ce pays est classé parmi les plus pauvres au monde.

Les destructions sont immenses, et la moitié de la population survit grâce à l’aide humanitaire.

Il y a des milliers et morts, encore plus de blessés, un traumatisme profond lié aux violences.

L’impunité est forte, même si la Cour pénale Internationale essaie de faire avancer les choses.

 

De plus, des travailleurs humanitaires sont régulièrement pris pour cible, et même tués.

Les déplacements de populations sont importants : sur 4 millions d’habitants, 600 000 Centrafricains sont déplacés dans leur propre pays, et 500 000 réfugiés dans les pays voisins.

 

Les accords de cessez-le-feu avec les groupes armés se multiplient mais ne sont jamais tenus.

Seule lueur d’espoir : le président, qui a été démocratiquement élu en 2016, semble désireux d’avancer, avec l’aide de la communauté internationale.

Le chemin est encore très long.

 

Surtout que l’ONU avertit sur un risque actuel de génocide, les groupes armés cherchant à éliminer les civils de l’autre religion.

La rhétorique belliciste est forte en ce moment dans les discours, et aussi dans les médias.

 

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