Égypte : une dictature confortable…

 

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En Égypte le printemps arabe de 2011 n’a finalement accouché ni de de la démocratie, ni de la liberté.

Le président actuel, Abdel Fattah al-Sissi, se représente et a en face de lui un opposant de chiffon.

Tous les autres candidats potentiels ont été écartés, emprisonnés ou découragés. Ils se sont retirés en janvier en parlant de manœuvres d’intimidation.

Al-Sissi fait l’objet d’un véritable culte de la personnalité.

 

Après 3 jours de vote, les résultats seront promulgués le 2 avril.

Les élections sont très sécurisées, en raison des menaces de l’Etat islamique, qui n’est toujours pas vaincu en Égypte.

L’EI est furieux que l’armée ait renversé le président islamiste Mohamed Morsi en 2013, suite à d’immenses manifestations.

Le chef de l’armée était Al-Sissi, qui a ensuite élu président en 2014.

 

Depuis ce moment, l’EI multiplie les attentats.

Al-Sissi est déterminé face à l’État islamique.

Une vaste opération militaire a été lancée en novembre 2017 pour rétablir la sécurité dans le nord de la péninsule du Sinaï, où sévit une branche locale de l’EI. Cette opération a fait plus de 100 morts parmi les jihadistes mais aussi au moins 20 parmi les militaires, selon des chiffres officiels.

 

Al-Sissi dirige le pays d’une main de fer et est soutenu par un grand nombre d’Egyptiens pour qui il garantit la paix et la stabilité.

S’il est impitoyable face aux islamistes, il est dur également avec l’opposition libérale et laïque, emprisonnant des centaines de personnes considérées comme dissidentes.

De même, il n’y a pas de liberté de la presse.

Trente journalistes sont actuellement emprisonnés en Egypte, selon Reporters sans frontières (RSF), et près de 500 sites internet sont bloqués.

 

Et il y a quelques jours, L’Egypte a expulsé la correspondante du Times, alors qu’elle vivait en Egypte depuis sept ans.

Cette expulsion intervient dans un contexte de défiance envers la presse étrangère, accusée de diffuser de “fausses informations” sur l’Egypte.

 

Sur le plan économique, le pays fait toujours face à la grave crise suite à la révolte de 2011.

Dès le début de son premier mandat en 2014, le président a promis de ramener la stabilité, y compris économique.

Le Fonds monétaire international a concédé à l’Égypte un prêt de 12 milliards de dollars en novembre 2016.

En échange, Le Caire dut dévaluer sa monnaie et diminuer les subventions d’État, notamment sur l’électricité et les carburants.

 

Ces mesures ont entraîné une flambée des prix affectant durement les Egyptiens.

Environ 28% des 100 millions d’Egyptiens vivent sous le seuil de pauvreté, et le taux de pauvreté dépasse 50% dans certaines régions du sud, selon des chiffres officiels.

 

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