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Kenya et Somalie : les shebabs renforcent leurs attaques

Kenya et Somalie : les shebabs renforcent leurs attaques

15 janvier 2020

 

Rappel du contexte

 

Chassés de Mogadiscio (capitale de la Somalie) en 2011, les shebabs ont perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes régions rurales d’où ils organisent des actions de guérilla et des attentats-suicides. On estime qu’ils sont actuellement entre 5.000 et 9.000 combattants.

 

Affiliés à Al-Qaïda, les shebab ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et les 20.000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Ils commettent régulièrement des attentats à la voiture piégée et des attaques d’autres types à Mogadiscio.

 

Malgré les coûteux efforts internationaux pour les vaincre, ces rebelles islamistes ont réalisé le 28 décembre dernier l’une des opérations les plus meurtrières de la décennie en Somalie, l’explosion d’un véhicule piégé dans la capitale Mogadiscio ayant fait 81 morts.

 

Selon l’Institute for Security Studies (ISS), les Etats-Unis disposent de 34 bases militaires connues en Afrique, d’où ils effectuent “des opérations avec des drones” mais organisent aussi “des entraînements, des manœuvres militaires” et “des activités humanitaires”.

 

Présents en Somalie, les Etats-Unis y ont intensifié depuis avril 2017 leurs frappes aériennes après l’extension par le président Donald Trump des pouvoirs donnés à l’armée américaine pour déclencher des opérations antiterroristes, par voie aérienne ou terrestre.

 

En avril 2019, le commandement militaire américain pour le continent africain a annoncé avoir tué 800 personnes au cours de 110 attaques aériennes en 2 ans dans ce pays de la Corne de l’Afrique.

 

 

Dans le nord-est du Kenya, la crainte des enseignants

 

Les renseignants kényans ont peur et sont en colère. Ces dernières semaines, les shebabs ont lancé une dizaine d’attaques dans le nord-est du pays. Plusieurs attentats ont visé des écoles du comté de Garissa où au moins 4 professeurs ont été tués en quelques jours.

 

Le 13 janvier, le syndicat national des enseignants, KNUT, a exigé des actions fortes pour garantir leur sécurité. Plusieurs écoles menaceraient de fermer, et des professeurs s’apprêteraient à quitter la région. Les régions proches de la Somalie manquent chroniquement de professeurs, qui sont visés par les shebabs. Beaucoup d’entre eux sont donc partis.

 

 

Kenya : l’armée américaine se renforce après l’attaque d’une base militaire

 

L’attaque des shebabs début janvier contre un site militaire dans l’est du pays, le camp Simba, a causé la mort de 3 Américains et poussé Washington à renforcer la sécurité du complexe.

Cette base militaire américano-kényane est dédiée au contre-terrorisme et à la formation des militaires kényans.

 

 

Attentat en Somalie : les renseignements accusent une main étrangère

 

En Somalie, la polémique enfle après l’attentat sanglant de Mogadiscio, fin décembre.

Les renseignements somaliens ont affirmé qu’un pays étranger avait planifié l’attaque. Or comme la bombe visait un convoi turc, beaucoup ont pensé à une implication des Émirats arabes unis, frontalement opposés à Ankara dans la région.

 

Mais les shebabs sont habitués à commettre ce genre d’attentats et les Émirats n’ont aucune alliance avec les islamistes somaliens.

Par contre, la Turquie elle-même est regardée avec soupçon.

 

En effet, c’est le journal turc Yeni Safak, réputé proche du président Erdogan, qui le premier a mentionné une implication des Émirats. Selon le chercheur Rashid Abdi, le chef de l’État turc a peut-être utilisé l’affaire pour embarrasser Abu Dhabi sur un autre dossier tendu du moment : la Libye, où les deux pays soutiennent des camps opposés.

 

Les shebabs se sont excusés auprès des victimes civiles de cet attentat, tout en le justifiant par la nécessaire lutte contre l’État somalien et ses soutiens étrangers.

Ils accusent la Turquie de chercher à conquérir la Somalie et d’avoir pris le contrôle de toutes ses ressources économiques.

 

La Turquie est l’un des principaux donateurs et investisseurs en Somalie.

En septembre 2017, la Turquie a inauguré le plus grand centre d’entraînement militaire étranger de Somalie.

 

Sources : AFP, RFI

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