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Soudan du Sud : Kiir et Machar s’engagent à former un gouvernement fin février

Soudan du Sud : Kiir et Machar s’engagent à former un gouvernement fin février

17 décembre 2019

 

Rappel du contexte

 

Le 12 novembre, le chef rebelle Riek Machar était censé rentrer à Juba pour occuper le poste de premier vice-président, avant la formation d’un gouvernement d’union nationale.

La dernière fois que Riek Machar était rentré définitivement au pays, c’était en 2016. Mais la guerre avait repris peu après.

 

Plus d’un an après la signature de l’accord de paix, son application accuse un retard chronique. Deux points sont particulièrement sensibles : la sécurité entourant le retour du chef rebelle et les divisions administratives du pays, le président Kiir étant accusé de vouloir favoriser son ethnie, les Dinkas.

 

Selon son entourage, l’opposant ne rentrera pas tant que l’armée unifiée ne sera pas opérationnelle…

La formation de cette force de 83 000 soldats et anciens rebelles accuse un énorme retard.

Le Conseil de sécurité de l’ONU se dit déçu par l’intransigeance de Riek Machar.

 

En tout cas, l’intensité du conflit a diminué depuis l’accord de paix de septembre 2018, même si la population n’a pas repris sa vie normale et attend de voir ce qui se passera. Avec plus de 400 000 morts, les Sud-Soudanais sont épuisés par la guerre.

 

 

Un gouvernement, enfin ?

 

Le chef rebelle Riek Machar et le président Salva Kiir promettent un gouvernement d’union pour le Sud Soudan d’ici la fin février, une échéance déjà repoussée par deux fois. Les deux hommes se sont rencontrés à Juba et ont voulu afficher leur engagement.

 

S’il reste encore des désaccords, le président Kiir a annoncé que les points non résolus seront alors pris en main par le nouveau cabinet. Parmi eux, la question des États fédéraux, un sujet crucial au cœur de la guerre civile.

 

Cette annonce commune démontre un changement de ton, notamment côté rebelle : Riek Machar exigeait jusqu’alors le règlement des principaux blocages avant son retour définitif à Juba.

 

Le chef du SPLM-IO Riek Machar est justement de passage dans la capitale sud-soudanaise depuis plus d’une semaine.

Or pendant son séjour, la pression américaine s’est accentuée.

 

 

Les USA prennent des sanctions

 

Coup sur coup, Washington a sanctionné 5 agents des renseignements et 2 ministres accusés de bloquer le processus de paix et d’aggraver le conflit, et promis de nouvelles restrictions de visas.

La contrainte américaine a peut-être payé.

 

Peu de temps auparavant, les États-Unis avaient rappelé leur ambassadeur pour « réexaminer » les relations avec le Soudan du Sud.

D’autre part le Trésor américain avait pris des sanctions contre deux hommes d’affaires et les six sociétés qu’ils contrôlent.

 

Ils sont accusés de corruption et de fraudes multiples en lien avec des officiels du gouvernement à Juba.

Très bien connectés au sein du pouvoir, ils sont désormais sur la liste noire du Trésor américain.

 

La sous-secrétaire d’État américaine Sigal Mandelker explique que les activités de ces deux individus alimentent la guerre civile dans le pays. Les deux hommes d’affaires et six de leurs sociétés servaient notamment à préserver l’argent d’officiels sud-soudanais déjà sous sanctions, afin qu’ils puissent conserver leur fortune hors du pays.

 

Ils ont également versé des pots-de-vin afin de décrocher des marchés publics, alimentant un vaste système de corruption impliquant des responsables du gouvernement. Une de ces entreprises a même importé des véhicules blindés utilisés par l’armée contre des civils.

 

 

Des millions de Sud-Soudanais déplacés par les violences ; crise humanitaire

 

Malgré la signature de l’accord de paix l’année dernière, la situation reste critique, avec des millions de Sud-Soudanais déplacés par les violences et ayant besoin de sécurité et d’aide humanitaire.

 

Le Soudan du Sud, plus jeune nation du monde, est la plus grande crise humanitaire et de réfugiés d’Afrique, avec plus de 2 millions de personnes en quête de sécurité dans les pays voisins et un nombre égal de déplacés à l’intérieur du pays.

 

Et plus de la moitié des 6,35 millions de Sud-Soudanais sont toujours confrontés à une grave insécurité alimentaire, même si les différentes agences de l’ONU aident de leur mieux la population.

 

Un progrès toutefois, dans le pays il faut noter le maintien du cessez-le-feu permanent dans la plupart du pays. Malgré la réduction des violences, les obstacles administratifs aux livraisons humanitaires demeurent malheureusement encore trop fréquents.

 

D’autre part, si des progrès ont été accomplis, il faut noter que les violences sexuelles se poursuivent à des niveaux élevés, avec une forte impunité, pendant que des enfants continuent d’être recrutés de force comme soldats, notamment par l’opposition.

 

Sources : RFI, AFP

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