Venezuela : la population fuit, l’explosion sociale n’aura pas lieu

 

AUDIO – 17 avril 2018

 

 

ARTICLE – 17 avril 2018

Le Venezuela est un pays ruiné.

Pourtant réputé pour sa production de pétrole, l’hyperinflation y fait des ravages.

Le principal problème, c’est la faim dans tout le pays.

Les gens ont faim, n’ayant plus assez d’argent pour convenablement se nourrir.

Et face à la pénurie de médicaments, les maladies font des ravages. Avec par exemple le retour en force de la malaria.

 

Il y eut 2 importantes manifestations en 2017 contre la dictature de Nicolas Maduro, héritier de Hugo Chavez. Dans la répression, plus de 120 personnes furent tuées.

Mais si le pays n’explose pas encore complètement, c’est grâce à l’exode vers les pays voisins.

Le pays se vide littéralement de ses habitants, une grande partie souhaitant quitter le Venezuela.

 

Environ 550.000 personnes ont fuit vers les pays limitrophes ces deux dernières années. Cela devrait atteindre le million d’ici juin.

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1999, ce sont 2,2 millions de Vénézuéliens qui sont partis en exil, soit 7,3% des 30 millions d’habitants.

 

Les conditions de vie sont pourtant dures en Colombie, qui est un pays pauvre. Cet afflux de réfugiés a conduit le président colombien à suspendre les visas temporaires et à expulser les Vénézuéliens. Pour justifier cette décision, il explique que le Venezuela n’est pas un pays en guerre, et qu’il est donc difficile de considérer ces exilés comme des réfugiés.

 

La situation est moins difficile au Brésil, qui est financièrement soutenu par les Etats-Unis et le Haut-Commissariat aux Réfugiés pour apporter une aide humanitaire aux migrants.

Le HCR demande d’ailleurs à la communauté internationale d’intensifier son appui au Brésil.

Le Plan régional d’aide aux Vénézuéliens dans les principaux pays hôtes de 46 millions de dollars n’est en effet financé qu’à hauteur de 4%.

 

Bonne nouvelle pour les nombreux candidats au départ, le Chili a annoncé hier la possibilité de leur accorder un visa spécial s’ils veulent fuir la “crise démocratique” dans leur pays.

Résultat, des centaines de Vénézuéliens ont afflué hier au consulat du Chili à Caracas.

 

Comment résumer ce qu’il se passe au Venezuela ?

Ce pays du nord de l’Amérique latine présente désormais toutes les caractéristiques d’un pays sous développé : forte mortalité infantile et maternelle, corruption, famine, manque criant de soins, répression de l’opposition, censure médiatique, et bien sûr des pillages, les milices armées et une forte criminalité.

 

Les responsables : des gouvernements incompétents et corrompus, la chute des prix du pétrole, et un effondrement de l’économie.

Cela a entraîné une hyper inflation et donc d’importantes difficultés pour s’acheter à manger. Sans même parler des produits courants, de l’essence ou des médicaments. Les enfants sont très touchés, souffrant de malnutrition aiguë.

Le gouvernement organise des distributions de nourriture, mais elles sont insuffisantes.

Et le président Nicolas Maduro refuse toute aide internationale.

 

Que prévoit la communauté internationale face à ce fiasco ?

Le gouvernement est entré ces derniers mois dans une spirale de tensions internationales, après la décision des autorités d’avancer le scrutin présidentiel de décembre 2018 au 20 mai.

Le président Maduro est en quête d’une nouvelle légitimité, qu’il souhaite bien obtenir avec un nouveau mandat de 6 ans.

 

Dénonçant l’absence de transparence et de pluralisme dans cette élection, les pays occidentaux ont multiplié les déclarations critiques et les sanctions financières à l’égard de Caracas.

Ils veulent désormais accentuer l’isolement du président et de ses complices. Ils prévoient aussi des sanctions supplémentaires.

 

Le Venezuela est soutenu de son côté par la Russie, la Chine, et par quelques pays d’Amérique latine.

Notons qu’en mars, les autorités du Panama ont placé plus de 50 Vénézuéliens, dont le président Nicolas Maduro, sur une liste “à haut risque” d’activités de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme.

 

Quel avenir pour les habitants de ce pays ? Sans doute l’exode… L’aide des pays voisins, l’espoir de fuir, permettent d’éviter que le Venezuela ne sombre dans la guerre civile entre les partisans du régime et ses opposants.

 

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