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La Russie avance ses pions en Arctique face à l’Otan affaiblie

La Russie avance ses pions en Arctique face à l’Otan affaiblie

11 décembre 2019

 

Rappel du contexte

 

L’Arctique est une région disputée et riche en ressources naturelles encore peu exploitées. S’y opposent les intérêts de 5 pays dont la Russie et les Etats-Unis. La Russie espère y devenir la première puissance économique et militaire tout en profitant du réchauffement climatique et de la fonte des glaces, qui devrait ouvrir de nouvelles routes commerciales dans le Grand Nord.

 

Mais face à une Russie constituée d’un bloc, l’Otan est affaiblie par de nombreuses dissensions.

La Turquie notamment est un membre qui pose problème, après avoir mené une incursion armée en Syrie contre des milices kurdes, qui pourtant combattait Daech, et surtout sans aucune concertation avec ses alliés.

 

Juste avant le sommet de l’Otan de début décembre, le président turc Erdogan avait insulté le président français Macron, qui avait qualifié l’Otan en « état de mort cérébrale ».

D’autre part, bien que la Turquie ait acheté des systèmes de défense anti-aérienne aux Russes, donc contre un ennemi potentiel de l’Otan, aucune sanction n’a été décidée contre Ankara.

 

 

La Russie teste son missile hypersonique en Arctique, selon Tass

 

La Russie a mené des essais sur son missile hypersonique Kinjal (Dagger) avec son chasseur MiG-31K dans la partie russe de l’Arctique début novembre, a rapporté l’agence de presse TASS, citant deux sources militaires. Cette annonce survient une journée après que les services de renseignements danois ont alerté sur l’intensification des tensions dans la région.

 

Les médias russes ont déclaré que ce missile pouvait atteindre des cibles situées à plus de 2.000 kilomètres de distance avec des têtes nucléaires et conventionnelles et qu’il avait déjà été déployé en zone militaire, dans le sud de la Russie.

 

 

Quelles mesures face à la menace militaire russe en Arctique ?

 

Face à cette menace russe, la Suède déploie un nouveau système de défense anti-aérien sur Gotland, une île stratégique située en mer Baltique, en face de la Russie.

Une étape de plus dans le renforcement de l’armée suédoise, alors que les tensions avec Moscou se multiplient.

 

Le royaume nordique se plaint de plus en plus d’incursions russes dans son espace aérien et maritime.

Une prochaine étape sera franchie en 2021, date de la livraison en Suède du système antimissile Patriot, acheté à prix d’or aux États-Unis.

 

Pays de l’Union européenne, la Suède n’est pas membre de l’Otan mais participe régulièrement aux manœuvres de l’Alliance atlantique dans la région.

Parallèlement, la Russie renforce sa présence militaire dans l’Arctique russe.

La Russie entend répondre à l’activité militaire de la Norvège, qui fait partie de l’Otan.

 

La Russie a accusé en février la Norvège de renforcer son activité militaire et d’accroître les risques entre les deux pays. Le ministère russe des Affaires étrangères a expliqué que la Russie estimait que la Norvège, membre de l’Otan, participait de plus en plus à l’accroissement de la présence de l’Otan dans l’Arctique.

 

La Norvège, qui compte 196 km de frontières terrestres avec la Russie, s’inquiète du renforcement des capacités de l’armée russe dans la péninsule de Kola, une région abritant plusieurs bases navales et zones interdites aux civils.

 

 

Les dirigeants de l’Otan adoptent une déclaration finale malgré les différends

 

Les 29 membres de l’Otan ont adopté, mercredi 4 décembre, à l’issue d’un sommet du 70e anniversaire pourtant marqué par d’importantes dissensions, une déclaration commune affirmant leur « solidarité, unité et cohésion ».

 

Dans ce communiqué final, pour la première fois, l’Otan reconnaît la montée en puissance de la Chine comme un « défi », évoquant par exemple l’enjeu de la 5G.

Les membres de l’Alliance ont tenté tant bien que mal de préserver leur unité.

 

Le rendez-vous a aussi été assombri par un départ précipité de Donald Trump, qui était très vexé, car les Premiers ministres néerlandais, canadiens, britanniques ainsi qu’Emmanuel Macron donnaient le sentiment qu’ils se moquaient de lui.

« Le Premier ministre canadien est un hypocrite » a lâché Donald Trump.

 

D’autre part, la situation ne s’arrange pas entre Paris et Ankara. « Il n’y a pas de consensus possible avec la Turquie sur la définition du terrorisme » a affirmé le président français. Le président turc demandait à l’Alliance de considérer comme des terroristes les combattants kurdes alliés à la coalition internationale constituée pour combattre le groupe EI en Syrie.

 

Les deux dirigeants ont malgré tout approuvé la déclaration finale. Le texte condamne le terrorisme “sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations” et le considère comme “une menace persistante pour nous tous”, a expliqué le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

 

 

Rapprochement Russie – USA ?

 

L’ingérence électorale russe dans les élections américaines continue de faire obstacle au rapprochement avec Moscou voulu par Donald Trump : la Maison Blanche a affirmé que le président américain avait lancé un avertissement au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui a aussitôt démenti.

 

D’autre part, début août, les Etats-Unis ont signalé leur intention d’accélérer le développement de nouveaux missiles conventionnels.

Cela juste après avoir acté avec la Russie la mort de l’emblématique traité INF sur les arsenaux intermédiaires.

 

Ce traité interdit les armes d’une portée comprise entre 500 et 5 500 km ; or la Russie refuse de détruire ses nouveaux missiles déployés en Europe, et qui ne respecte pas le traité, selon les États-Unis. Moscou a développé un nouveau missile de croisière pouvant potentiellement atteindre l’Europe occidentale.

 

L’on craint désormais une relance de la course aux armements, encore un peu freinée par le dernier traité USA – Russie, New Start, qui expire début 2021. Ce traité maintient les arsenaux nucléaires des deux pays bien en-deçà du niveau de la Guerre froide.

On ne sait pas s’il sera renouvelé ou pas.

 

Dans tous les cas, Washington réaffirme sa volonté d’inclure la Chine dans la négociation sur les armements stratégiques nucléaires.

Sa montée en puissance militaire préoccupe de plus en plus Washington.

 

 

L’armée américaine prépare son plus gros exercice militaire en Europe depuis 25 ans

 

L’armée américaine prépare son plus gros déploiement militaire en Europe depuis 25 ans, avec l’envoi, dans le cadre d’un exercice l’an prochain, de 20 000 soldats supplémentaires, pour démontrer sa puissance militaire.

 

Quelque 9 000 soldats américains déjà basés en Europe se joindront à eux pour participer à l’exercice militaire Defender-Europe 20, qui rassemblera au total 37 000 militaires alliés en mai et juin dans 10 pays européens, a précisé le général Cavoli, commandant des forces terrestres américaines en Europe.

 

Après des années de réductions d’effectifs militaires en Europe depuis la fin de la Guerre Froide, ce déploiement exceptionnel reflète le bouleversement stratégique provoqué par l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, qui a “tout changé”, a ajouté le général américain.

 

L’objectif est de “démontrer la capacité de l’armée américaine à déployer rapidement une force importante pour soutenir l’Otan et à répondre à n’importe quelle crise”, a souligné l’armée américaine. 

 

 Sources : RFI, AFP, Euronews, Reuters, Capital, France24, La Provence

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