L’essentiel à la mi-journée : 21 juin 2018

 

Syrie : des milliers de personnes fuient des bombardements du régime dans le sud

Plus de 12.000 Syriens ont fui au cours des trois derniers jours la province de Deraa (sud), contrôlée majoritairement par les rebelles et cible de bombardements du régime de Damas, a rapporté jeudi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

 

Deraa est située non loin du plateau du Golan syrien, dont une large partie est occupée par Israël depuis 1967.

Cette province est morcelée entre différents groupes rebelles, qui en contrôlent près de 70%, les forces du régime et le groupe Etat islamique, qui y maintient une présence marginale.

 

Berceau de la contestation en mars 2011, elle est dans le viseur du régime depuis la sécurisation, le mois dernier, par les forces loyalistes, de l’ensemble de la capitale et de ses environs, après l’éviction des derniers rebelles et jihadistes.

 

Des négociations impliquant plusieurs puissances régionales et internationales sont en cours pour déterminer le sort de cette province ainsi que celle voisine de Quneitra, dont une large partie est également sous contrôle rebelle.

Le président Bachar al-Assad a récemment assuré que l’option militaire était toujours sur la table.

 

Le régime de Damas a enchainé les victoires depuis l’intervention militaire de Moscou dans le conflit syrien en septembre 2015, et il contrôle désormais plus de 60% du territoire, selon l’OSDH.

La guerre en Syrie, entrée dans sa huitième année le 15 mars, a fait plus de 350.000 morts et jeté à la rue des millions de personnes.

 

Source : AFP

 

 

Libye : les forces d’Haftar reprennent deux ports pétroliers dans l’Est

L’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar a annoncé jeudi avoir repris les ports pétroliers d’Es Sider et de Ras Lanouf, dans l’est de la Libye, où la compagnie National Oil Corporation (NOC) espère reprendre ses opérations dans quelques jours.

 

Les terminaux pétroliers avaient été évacués et l’activité avait été suspendue jeudi dernier après une attaque menée par les opposants au maréchal Haftar, l’homme fort de l’est du pays.

La fermeture des installations a entraîné une perte de 450.000 barils par jour (bpj). Deux réservoirs de stockage ont été détruits ou gravement endommagés par des incendies.

 

Depuis une semaine, les avions de l’ANL bombardaient la région et des forces importantes avaient été mobilisées pour reprendre le contrôle des terminaux.

Moustafa Sanalla, président de la NOC, la compagnie pétrolière libyenne, a dit espérer une reprise des activités dans les deux terminaux “d’ici quelques jours”.

 

La NOC a accusé les miliciens d’Ibrahim Jathran d’avoir mené les attaques de jeudi dernier. Ces miliciens ont contrôlé les ports pétroliers pendant plusieurs années avant d’en être chassés par l’ANL en septembre 2016.

Selon l’ANL, les “Brigades de défense de Benghazi”, une alliance de combattants anti-Haftar, ont apporté leur aide aux hommes de Jathran.

 

Source : Reuters

 

 

Turquie : Erdogan en quête de réélection face à une opposition tenace

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 15 ans, brigue dimanche un nouveau mandat aux pouvoirs renforcés lors d’un scrutin ardemment disputé face à une opposition déterminée à déloger un dirigeant accusé de dérive autoritaire.

 

  1. Erdogan, 64 ans, dirige la Turquie depuis 2003, d’abord en tant que Premier ministre puis en tant que président depuis 2014.

Il l’a transformée à coups de projets de développements et en mettant en œuvre des politiques tournées vers la croissance économique, tout en libérant le champ d’expression religieuse dans ce pays musulman et en s’imposant comme un acteur-clef sur la scène internationale.

 

Le chef d’Etat a bousculé le calendrier politique en annonçant en avril que les élections prévues initialement le 3 novembre 2019 seraient avancées au 24 juin, certainement motivé par la crainte d’une crise économique qui pointe son nez avec une chute vertigineuse de la livre turque, une inflation à deux chiffres et un important déficit des comptes courants.

 

L’enjeu de ces élections est considérable car le vainqueur sera doté de pouvoirs renforcés adoptés à la demande de M. Erdogan par référendum en avril 2017, moins d’un an après avoir échappé à une tentative de coup d’Etat mené par des militaires factieux en juillet 2016.

 

L’indétrônable président turc a dû affronter dans cette campagne expresse une union inattendue des partis d’opposition et un concurrent, Muharrem Ince (CHP, social-démocrate), capable de rivaliser avec lui.

 

Si le président sortant semble être le favori de la présidentielle, il pourrait selon de nombreux observateurs ne pas obtenir les plus de 50% des voix nécessaires pour l’emporter dès le premier tour et son parti, l’AKP, pourrait perdre sa majorité au parlement.

 

Si les différentes formations de l’opposition ont décidé de présenter leurs propres candidats à la présidentielle, la plupart se sont accordées pour soutenir le candidat qui arriverait à un éventuel second tour face à M. Erdogan le 8 juillet.

 

Par ailleurs, face à l’alliance composée par l’AKP et les ultranationalistes du MHP, plusieurs partis d’opposition, dont le CHP et une nouvelle formation de la droite nationaliste, le Bon Parti dirigé par l’ancienne ministre de l’Intérieur Meral Aksener, se sont alliés pour les législatives.

 

Face à la mainmise du gouvernement sur les principaux médias, certains candidats et partis de l’opposition, absents des ondes et des unes des journaux, ont rivalisé d’ingéniosité pour se faire entendre, notamment sur les réseaux sociaux.

 

Source : AFP

 

 

Irak : la Cour suprême valide un recompte des voix

La Cour suprême a validé jeudi la loi imposant un recompte national des suffrages aux élections législatives du 12 mai dernier mais elle a jugé inconstitutionnelle l’annulation des bulletins des électeurs à l’étranger et déplacés et des peshmergas.

 

Ce jugement est définitif et ne peut pas faire l’objet d’un recours.

Ce recompte, décidé par le Parlement à la suite d’accusations de fraude avancées par plusieurs partis politiques, a déjà commencé avant même cette décision de la Cour suprême fédérale.

 

L’Irak est plongé dans l’incertitude politique depuis ces élections, marquées par une participation historiquement faible et des accusations de fraudes.

La formation du religieux Moktada al Sadr et celle du chef de mouvements pro-iraniens Hadi al Amiri, arrivées respectivement aux première et deuxième places, ont conclu une alliance mais aucun gouvernement n’a été formé pour l’instant.

 

Source : Reuters

 

 

Arabie : un an d’emprise de Mohamed ben Salmane sur le pouvoir

Rappel des dates-clés depuis la désignation, il y a un an, de Mohamed ben Salmane comme prince héritier du royaume d’Arabie saoudite.

 

– Prince héritier à 31 ans –

Le 21 juin 2017, le roi Salmane propulse son jeune fils Mohamed, 31 ans, prince héritier, après avoir évincé son neveu, Mohammed ben Nayef.

 

Devenu l’homme fort du royaume, Mohamed ben Salmane confirme son ascension dans un contexte de crise avec le Qatar voisin.

Le 5 juin, Ryad et trois de ses alliés arabes ont rompu leurs relations avec Doha, qu’ils accusent de soutenir “le terrorisme” et de se rapprocher de l’Iran, grand rival régional de l’Arabie.

 

– Réformes –

Le 26 septembre, l’Arabie saoudite autorise les femmes à conduire, brisant un tabou dans ce royaume ultraconservateur.

 

Plusieurs autres réformes vont être opérées dans le pays. Mais les Saoudiennes restent soumises à de nombreuses restrictions, et les autorités poursuivent une campagne de répression à l’encontre de militants des droits de l’Homme.

 

– Purge –

En septembre, les autorités arrêtent une vingtaine de personnes, dont des prédicateurs influents et des intellectuels.

 

Le 4 novembre, une vaste campagne anticorruption est lancée sous l’impulsion de “MBS”. L’hôtel de luxe Ritz-Carlton de Ryad sert pendant trois mois de “prison dorée” pour des dizaines de princes et de hauts responsables au centre d’une purge anticorruption.

Nombre des suspects ont été libérés après des “arrangements” financiers avec les autorités.

 

– Crise avec le Liban –

Le 4 novembre, le Premier ministre libanais Hariri annonce, à la surprise générale, sa démission depuis Ryad, accusant le mouvement armé Hezbollah et l’Iran de “mainmise” sur le Liban.

Face à l’imbroglio, la France intervient pour trouver une porte de sortie. Saad Hariri rentre dans son pays trois semaines plus tard, et renonce à démissionner.

 

– Yémen –

Le 7 novembre, le prince déclare que “l’implication de l’Iran dans la fourniture de missiles aux (rebelles yéménites) Houthis est une agression militaire directe par le régime iranien”.

Depuis mars 2015, Ryad est à la tête d’une coalition arabe aidant les forces gouvernementales dans leur guerre contre les Houthis et leurs alliés, maîtres de la capitale Sanaa depuis 2014.

 

– Nucléaire iranien –

Le 15 mars 2018, Mohamed ben Salmane affirme que si l’Iran se dote de l’arme nucléaire, l’Arabie saoudite fera “de même le plus rapidement possible”.

En mai, Ryad, qui n’a jamais caché ses réserves vis-à-vis de l’accord passé en 2015 entre l’Iran et six puissances mondiales, applaudit la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord.

 

– Offensive de charme –

En mars, après des visites en Egypte et en Grande-Bretagne, MBS mène une tournée de plus de deux semaines aux Etats-Unis, où il est notamment reçu par Donald Trump.

Il effectue ensuite des visites en France et en Espagne.

 

– Signes d’ouverture avec Israël –

Début avril, le roi Salmane “réaffirme la position inébranlable du royaume sur la question palestinienne et les droits légitimes du peuple palestinien à un Etat avec Jérusalem capitale”.

Au même moment, son fils estime que les Israéliens ont le “droit” d’avoir leur propre Etat comme les Palestiniens. “Israël est une grande économie” en “pleine croissance”.

 

Source : AFP

 

 

Venezuela : Maduro double le revenu minimum face à l’hyperinflation

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a doublé le revenu minimum dans un contexte d’hyperinflation galopante qui asphyxie la société vénézuélienne.

Le pays pétrolier traverse dans une sévère crise économique et les salaires des habitants ne résistent guère face à l’hyperinflation.

 

Des économistes critiquent les ajustements salariaux répétés, estimant qu’ils renforcent le coût de la vie, et déplorent qu’ils ne soient pas accompagnés d’un “plan anti-inflationniste” ni de “discipline fiscale et monétaire”.

Le président socialiste a été réélu le 20 mai à l’issu d’un scrutin boycotté par l’opposition et vivement critiqué par la communauté internationale.

 

Les prix des produits alimentaires de base se comptent désormais en millions de bolivars et la population n’arrive plus à suivre le rythme des tarifs, relevés plusieurs fois par semaine.

Sur ordre de Nicolas Maduro, qui attribue cette hyperinflation à la “guerre économique” menée selon lui par l’opposition pour le renverser, le gouvernement a débuté cette semaine l'”occupation temporaire” par des militaires de 97 marchés municipaux.

 

Source : AFP

 

 

Crise de la dette : l’odyssée grecque proche de la fin

Les ministres des Finances de la zone euro vont chercher jeudi à s’entendre sur les modalités de sortie de la Grèce des programmes d’aide dont elle bénéficie depuis huit ans, dont des mesures d’allègement de sa dette, sur lesquelles ils restent divisés.

 

Ces discussions s’avèrent cruciales pour qu’Athènes puisse, comme prévu, quitter la tutelle de ses créanciers le 20 août prochain et se financer seule sur les marchés, après plusieurs années de profonde récession.

 

“Nous allons arriver aujourd’hui à un accord. Je suis optimiste”, a déclaré le président de l’Eurogroupe, Mario Centeno, quelques heures avant le début de la réunion à Luxembourg. “Aujourd’hui va marquer une nouvelle étape pour l’économie grecque”, a-t-il ajouté.

 

“Nous sommes très proches du moment où nous récolterons les fruits d’années de sacrifices et d’efforts difficiles”, s’est félicité mercredi le Premier ministre grec Alexis Tsipras.

En huit ans, la Grèce a bénéficié de plus de 273 milliards d’euros d’assistance de la part de ses créanciers, zone euro et Fonds monétaire international (FMI), au cours de trois programmes d’aide.

 

En contrepartie, les Grecs ont été contraints de mettre en œuvre plusieurs centaines de réformes, souvent douloureuses, notamment pour assainir leurs finances publiques.

La croissance du PIB a atteint 1,4% en 2017 et devrait encore progresser cette année (1,9%) et l’an prochain (2,3%).

 

Mais le niveau de la dette du pays reste le plus élevé de la zone euro et ses créanciers conviennent qu’un dernier “allègement” est nécessaire pour assurer sa crédibilité sur les marchés financiers.

L’Allemagne et certains pays du nord de l’Europe sont cependant plus réticents et exigent, en échange de leur soutien, que la Grèce soit suivie de très près après sa sortie du programme.

 

Outre la question de la dette, les Européens devront boucler la jeudi les derniers détails du troisième programme d’aide à la Grèce : 88 nouvelles réformes en échange d’un tout dernier versement.

 

Cet argent sera destiné à alimenter un “matelas financier” d’une vingtaine de milliards d’euros pour les 18 premiers mois qui suivront sa sortie du programme.

Athènes sera alors sous le coup d’une surveillance encore jamais vue de la part des Européens, bien plus stricte que celles mises en place dans le passé pour le Portugal, Chypre ou l’Irlande.

 

Les discussions sur la Grèce seront suivies d’échanges encore plus ardus sur les réformes de l’Union économique et monétaire, en particulier une proposition de la France pour un budget de la zone euro, sur laquelle Paris a obtenu cette semaine le soutien de la chancelière allemande Angela Merkel.

 

Source : AFP

 

 

Le changement climatique et les conflits freinent la mise en œuvre des objectifs de développement durable

Le changement climatique, les conflits, les inégalités, la persistance de la pauvreté et de la famine et l’urbanisation rapide remettent en question les efforts des pays pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD), selon un rapport de l’ONU.

 

Le Rapport 2018 sur les objectifs de développement durable présente un aperçu des progrès accomplis vers la réalisation des objectifs, qui ont été adoptés à l’unanimité par les pays membres des Nations Unies en 2015.

 

Il montre que les conflits et le changement climatique ont été les principaux facteurs contribuant à un nombre croissant de personnes confrontées à la faim et aux déplacements forcés.

Pour la première fois depuis plus d’une décennie, le nombre de personnes qui ont faim dans le monde a augmenté, passant de 777 millions en 2015 à 815 millions en 2016.

 

Selon le rapport, les conflits sont désormais l’un des principaux moteurs de l’insécurité alimentaire dans 18 pays.

En 2017, le monde a connu la saison des ouragans la plus coûteuse dans l’Atlantique Nord, entraînant des pertes économiques mondiales.

 

Le changement climatique et les conflits ont aussi été un frein important aux progrès vers l’accès universel aux services d’eau et d’assainissement.

En 2015, 2,3 milliards de personnes n’avaient toujours pas accès à un niveau basique d’assainissement et 892 millions de personnes ont continué à pratiquer la défécation à l’air libre.

 

En 2016, il y avait 216 millions de cas de paludisme contre 210 millions en 2013 et près de 4 milliards de personnes étaient sans protection sociale en 2016.

Mais le rapport n’est pas complètement négatif. Il constate que plus de gens mènent une vie meilleure qu’il y a dix ans.

 

Source : ONU

 

 

Darfour : la Procureure de la CPI dénonce le refus du gouvernement du Soudan de coopérer

La Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a constaté mercredi devant le Conseil de sécurité que 13 ans après le renvoi de la situation au Darfour (Soudan) à la CPI, les victimes de crimes attendent toujours que les auteurs comparaissent en justice.

 

Elle a déploré qu’en dépit de la résolution 1593 (2005) du Conseil de sécurité, le gouvernement du Soudan refuse non seulement de coopérer avec la Cour, mais la dénonce aussi publiquement en formulant des allégations sans fondement dans le but de détourner l’attention des véritables enjeux et de son échec à honorer ses obligations.

 

Elle a exhorté le Conseil de sécurité à prendre des mesures concrètes face à l’échec des États concernés à arrêter et à transférer à la CPI les suspects liés la situation au Darfour, lorsque ces derniers se trouvent sur leur territoire.

 

Les 5 personnes qui sont l’objet d’un mandat d’arrêt : Omar Al Bachir (le chef de l’État), Ahmad Harun, et Abdel Hussein, tous trois de hauts représentants du gouvernement, Ali Kushayb, un dirigeant militaire, et Abdallah Banda, un dirigeant de la rébellion.

 

Source : ONU

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