Ces pays qui enrichissent les talibans

Ces pays qui enrichissent les talibans

 

 

Les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan en 2021.

Depuis les femmes sont déchues de tous leurs droits.

Malgré cette apartheid de genre, plusieurs pays travaillent avec les talibans, n’ayant rien à redire sur la condition des femmes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les femmes sont exclues de tout

La liste des interdictions est très longue.

Environ 80 décrets contre les femmes, les adolescentes et les fillettes ont été édictés par les talibans depuis leur retour au pouvoir.

 

Elles n’ont quasi pas le droit de travailler.

C’est d’autant plus choquant que cela accentue la pauvreté des familles. Le seul travail autorisé est la fouille d’autres femmes.

Mendier dans les rues est bien entendu interdit.

 

Les femmes n’ont pas le droit de sortir de chez elles sans être entièrement couvertes et accompagnées par un tuteur masculin (mahram).

Elles n’ont pas le droit à l’instruction dans le secondaire, donc à partir de 12 ans environ.

La dépression est forte chez les jeunes filles, dont le seul avenir possible est le mariage.

 

Cela concerne aussi les enfants, puisque des fillettes sont vendues par leurs parents pour être mariées à des hommes.

Des femmes sont mariées de force, et celles qui osent se rebeller ou déroger un tant soit peu aux règles de la sharia sont battues, lapidées, et peuvent être emprisonnées.

 

Dans les prisons, elles sont violées, torturées, réduites à l’état d’esclaves sexuelles, et essaient de survivre à des avortements forcés. Certaines sont aussi soumises à du travail forcé.

Bref, les femmes sont les « choses » des talibans, ils en font ce que bon leur semble. C’est de l’esclavage.

 

La hausse des dépressions et des suicides est importante chez les femmes.

Femmes et jeunes filles rêvent de quitter leur pays. Mais c’est quasi impossible : tout est fait pour empêcher les Afghans de fuir à l’étranger.

 

Etudier la médecine est interdit, mais en même temps les femmes ne peuvent pas être soignées par des hommes, sauf dans de rares exceptions.

Résultat, il reste juste quelques femmes médecins pouvant les soigner.

 

Le nombre de femmes médecins et infirmières en Afghanistan chute, et l’accès des Afghanes aux soins médicaux est compliqué, surtout dans les zones rurales.

Par conséquent, un rapport de Médecins sans frontières (MSF) de 2024 indique une forte augmentation des taux de mortalité maternelle et infantile.

 

 

Les hommes souffrent aussi, mais beaucoup moins

Si les femmes et les jeunes filles vivent le plus grand calvaire, la situation des hommes n’est pas idyllique. La prière 5 fois par jour est obligatoire, et comme les femmes, ils doivent porter un code vestimentaire strict imposé par les talibans.

 

Les élèves doivent s’habiller en petits talibans. Les enseignants ont eux aussi un uniforme imposé.

Notons que les coups de fouet sont aussi valables contre les hommes s’ils désobéissent aux talibans, oui bien en cas de vol ou de trafic de drogue.

 

Par ailleurs, tout comme les femmes, ils n’ont pas le droit de danser, ni de chanter ou de jouer de la musique. Bien entendu, la musique diffusée en public, comme à la télévision ou en fond sonore dans les restaurants, est interdite.

 

Après avoir repris le pouvoir, les autorités talibanes ont fait fermer les écoles de musique et des instruments ont souvent été fracassés ou brûlés, tout comme des haut-parleurs.

Les salles de mariage n’ont plus le droit de passer de la musique, même si elle souvent jouée en secret côté femmes.

 

Par ailleurs, la censure est forte. Il n’y a plus de médias libres.

Il est même interdit de diffuser des vidéos et images d’êtres vivants.

Si certains journalistes ont réussi à fuir le pays, de nombreux journalistes, activistes, artistes, intellectuels et autres opposants ont disparu en prison, où la torture est omniprésente.

 

Depuis leur retour au pouvoir, les talibans ont intensifié la répression.

Récemment, les talibans ont même ciblé des religieux qui critiquent leur interprétation rigoriste de l’islam. Des posts sur X en juillet 2025 signalent des arrestations d’érudits religieux.

 

 

Le pays vit une grande pauvreté

L’effondrement économique est total depuis le départ de nombreuses agences humanitaires, suite au retour des talibans au pouvoir. De nombreux pays ont cessé toute aide, car elle passe forcément par les talibans qui détournent l’aide et sont honnis par une grande partie de la communauté internationale, à juste titre.

 

C’est encore plus marqué en 2025, car les Etats-Unis ont nettement réduit leur aide.

On note seulement la présence de l’ONU et de quelques ONG.

Plus de la moitié des Afghans ont besoin d’aide humanitaire, la malnutrition est généralisée, et le pays connaît à la fois la sécheresse, le manque d’accès à l’eau potable, qui est chère, puis des inondations car les sols trop secs ne peuvent absorber l’eau de pluie.

 

Cela alors que la majorité des Afghans dépend de l’agriculture.

D’après les rapports, la production agricole a diminué de 40 % en trois ans.

Les problèmes de l’eau potable et de l’accès à l’hygiène entraînent de nombreuses maladies.

 

Par ailleurs, de nombreuses cliniques financées par l’aide internationale sont fermées, donc le secteur de la santé est en chute libre.

La crise sanitaire est majeure. Selon l’ONU, en 2025, plus de 50 % de la population afghane, en particulier les femmes, manque d’accès à des soins médicaux adéquats.

 

Le chômage est gigantesque en Afghanistan, et beaucoup d’enfants travaillent pour essayer d’aider un peu leurs familles. Environ 29 % des enfants afghans âgés de 5 à 17 ans travaillaient en 2023, un chiffre en hausse par rapport à 2019. En 2025, ce nombre a probablement augmenté.

 

Beaucoup travaillent dans l’agriculture. Dans les villes, ils sont cireurs de chaussures, vendeurs de rue, ramasseurs de déchets ou porteurs.

Certains enfants travaillent dans des conditions dangereuses : briqueteries ou mines artisanales.

 

La mendicité forcée est courante, souvent menée par des réseaux.

Les filles sont parfois employées comme domestiques, ce qui les expose à des abus physiques et sexuels.

 

Par ailleurs, se loger est difficile, d’autant plus que des propriétaires ont augmenté les loyers à Kaboul, profitant de l’arrivée de centaines de milliers d’Afghans expulsés d’Iran et du Pakistan pour essayer de s’enrichir aux dépends de ces réfugiés et des Afghans en général.

 

 

Des millions d’Afghans sont chassés d’Iran et du Pakistan

Des Afghans avaient gagné l’Iran et le Pakistan voisins il y a une dizaine d’années. Mais beaucoup sont depuis rentrés, chassés de ces pays depuis 2023 et le début de vastes campagnes d’expulsion.

 

Pour quelles raisons sont-ils chassés ?

Tout d’abord, le Pakistan est un pays qui a d’immenses problèmes avec des terroristes (les combattants du TTP, un mouvement proche des talibans afghans) dont les bases sont en Afghanistan.

 

Le Pakistan accuse souvent le gouvernement taliban de passivité, y compris au sujet du trafic de drogue qui finance le TTP ; par conséquent, il mène des frappes directement en territoire afghan.

 

L’ancien envoyé spécial du Pakistan pour l’Afghanistan, Asif Durrani, a estimé qu’environ 6 000 membres du TTP et leurs familles sont actuellement basés en Afghanistan.

Le Pakistan a été la cible de 521 attentats en 2024. Bilan : 852 victimes et un millier de blessés. Le nombre de morts et d’attentats a été multiplié par deux en trois ans.

 

La conséquence est terrible pour les civils afghans vivant au Pakistan : ils sont accusés d’être liés au terrorisme, au narcotrafic ou de faire monter le chômage et la criminalité.

Des familles entières doivent repartir en Afghanistan.

 

Du côté iranien, des Afghans sont également accusés de faire monter le chômage et la criminalité, mais aussi, suite à la récente guerre contre Israël, d’avoir collaboré avec les services de renseignements israéliens durant le conflit.

 

Après avoir fixé à début juillet la date limite pour partir, Téhéran a finalement donné jusqu’à début septembre à quatre millions d’Afghans illégaux pour plier bagage.

Depuis 2023 et le début de vastes campagnes d’expulsion lancées par l’Iran et le Pakistan, des millions d’Afghans sont rentrés dans leur pays. Ils viennent surtout d’Iran.

 

Pour la seule année 2025, plus de 1,9 millions de personnes ont regagné le territoire, surtout en provenance d’Iran.

Des dizaines de milliers de personnes traversent la frontière chaque jour, souvent dans le plus grand dénuement. Elles arrivent dans un pays extrêmement pauvre.

 

Pour les réfugiés, dont de nombreux enfants, la vie est extrêmement complexe en Afghanistan : un grand nombre ne connait pas le pays, n’y étant pas né.

L’ONU et des agences humanitaires essaient de leur apporter un peu d’aide lors du passage des frontières depuis l’Iran ou depuis le Pakistan.

 

Mais c’est une goutte d’eau, d’autant plus que les talibans entretiennent de mauvaises relations avec les ONG, notamment car il est formellement interdit à des femmes de travailler, mais aussi car les talibans craignent les « agents étrangers ».

 

Face à l’ampleur des retours d’Iran, des Afghans organisent la solidarité, alors que l’ONU accuse les talibans de “violations graves” des droits humains visant des Afghans renvoyés dans leur pays : des cas de torture, visant notamment des femmes.

 

Lorsqu’elles arrivent en Afghanistan, les familles séjournent dans des camps temporaires aux conditions de vie précaires et inhumaines, souvent sans savoir où se rendre par la suite, dans un pays où 85% des habitants vivent avec moins d’un dollar par jour.

 

 

Les talibans veulent relancer l’industrie minière en attirant les investisseurs étrangers

Pourtant le pays regorge de richesses : le sous-sol est très riche en lithium, cuivre, fer, or, pierres précieuses, terres rares, cobalt, et bien sûr en pétrole et en gaz.

On parle d’une valeur de 1 000 milliards de dollars.

 

Mais exploiter ces ressources est difficile, vu le faible niveau de développement du pays, la corruption, le manque d’infrastructures et le risque terroriste.

L’ISKP, branche afghane de Daech, est actif en Afghanistan.

 

Il multiplie les attentats, notamment contre des travailleurs chinois et des minorités religieuses, comme les Hazaras, une minorité qui est discriminée de longue date et persécutée également par les Talibans.

 

Malgré les risques, plusieurs pays s’intéressent aux ressources de l’Afghanistan, d’autant plus que le souci écologique n’y a aucune importance. Peu importe si l’environnement est dégradé par la pollution liée à l’exploitation des ressources.

 

Le gouvernement taliban courtise les investisseurs pour exploiter les abondantes mines du pays. Mais le pays manque d’experts, d’infrastructures et de savoir-faire. Il y a aussi le problème de la corruption.

 

Les talibans auraient conclu plus de 200 petits accords d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, en majorité avec des entreprises locales, selon une étude du Financial Times et du Centre for information resilience, un groupe de travail basé au Royaume-Uni qui a épluché les données du ministère afghan des Mines et du Pétrole, d’aout 2021 à février 2024.

 

Dans le domaine du fer, il y a une quinzaine de contrats relatifs à des gisements. Parmi les bénéficiaires, on trouve des Afghans, mais aussi des Chinois, des Iraniens et des Turcs. Mais aucun investisseur réputé à l’international.

 

Malgré les nombreuses violations des droits humains infligés par les talibans à une grande partie de la population afghane, certains pays n’ont pas de scrupules à travailler avec les maîtres islamistes du pays. Et enrichissent ainsi les talibans.

 

 

La Chine enrichit les talibans

La Chine se concentre sur l’exploitation des vastes ressources naturelles du pays, notamment le cuivre, le lithium, le charbon et le pétrole.

Le volume annuel des échanges commerciaux entre la Chine et l’Afghanistan a atteint 1 milliard de dollars.

 

Aujourd’hui, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, se rend à Kaboul pour rencontrer le ministre des Affaires étrangères de l’Émirat islamique d’Afghanistan, Mawlawi Amir Khan Muttaqi, ainsi que d’autres responsables talibans.

Cela afin de renforcer la coopération bilatérale.

 

Depuis 2021, des entreprises chinoises ont remporté de grands projets, de mines d’or, de cuivre ou de néphrite.

Ainsi, la compagnie publique chinoise MCC intervient sur le deuxième plus grand gisement de cuivre au monde à 40 kilomètres de Kaboul.

 

En 2023, une filiale de la China National Petroleum Company a signé un contrat de 540 millions de dollars pour développer pendant 25 ans le champ pétrolifère d’Amu Darya, marquant l’un des premiers grands investissements étrangers sous le régime taliban.

 

La Chine, qui est voisine de l’Afghanistan, dialogue avec les talibans, notamment via des visites de hauts responsables, comme celle du ministre chinois des Affaires étrangères en 2024.

Suite à cette visite, un accord pétrolier a été signé avec une entreprise chinoise pour 150 millions USD d’investissements initiaux.

 

Pékin aimerait intégrer l’Afghanistan à son ambitieux projet BRI (Routes de la soie), en particulier à travers le corridor économique Chine-Pakistan (CPEC).

Mais ce n’est pas encore le cas, en raison du risque terroriste.

L’idée serait de faire une route traversant le corridor du Wakhan d’est en ouest.

 

Mais cette région voisine de la Chine, située au nord-est de l’Afghanistan, est minée par le terrorisme et le trafic de drogue.

Elle est tenue par des groupes extrémistes ouïghours (Mouvement islamique du Turkestan oriental, MITO) financés par le trafic de drogue.

 

Ils cherchent à établir un califat dans la région : le « Turkestan oriental », englobant le Xinjiang, en Chine.

Suite aux attentats majeurs commis en Chine en 2014 par ces islamistes indépendantistes du Xinjiang, la Chine a mené une intense répression contre les Ouïghours.

 

Un grand nombre de combattants se sont ensuite repliés dans le corridor du Wakhan en Afghanistan.

C’est pour eux une base importante, et actuellement Pékin ne peut pas y investir pour ses gigantesques Routes de la soie.

 

La Chine et les talibans coopèrent sur la sécurité, mais les résultats sont ténus.

Pour les talibans, l’aide de Pékin est importante, car les extrémistes ouïghours sont des recrues du Daech afghan, l’ISKP, qui commet des attentats contre les autorités.

 

 

Inde et Pakistan importent des produits afghans

Le Pakistan, avec 65 % des exportations de l’Afghanistan, est la principale destination des produits afghans, surtout le charbon, les produits agricoles et les textiles. En 2022, les ventes de charbon afghan au Pakistan ont augmenté d’environ 20 %, atteignant 10 000 tonnes par jour.

L’Inde, c’est 20 % des exportations de l’Afghanistan.

Inde et talibans collaborent pour renforcer le commerce à travers le port iranien de Chabahar, qui permet à l’Inde d’accéder à l’Afghanistan sans dépendre des ports pakistanais de Karachi ou Gwadar.

 

Les exportations de produits afghans vers l’Inde ont augmenté de 56 % en 2024 : fruits, tapis et pierres précieuses.

Les responsables des deux pays travaillent à la simplification des procédures douanières et à la réduction des barrières commerciales pour stimuler davantage les échanges bilatéraux.

 

 

Kazakhstan : une forte coopération économique

En décembre 2023, le Kazakhstan a retiré les talibans de sa liste d’organisations interdites.

Il évite de critiquer les violations des droits humains par les talibans, pour maintenir la coopération économique. Cela a suscité des critiques internes et internationales.

 

Le commerce entre le Kazakhstan et l’Afghanistan a explosé, passant de 474,3 millions USD en 2021 à 987,9 millions USD en 2022, et atteignant 700 millions USD pour les neuf premiers mois de 2024 (+14 % par rapport à 2023).

L’objectif est de 3 milliards USD d’ici 2029.

 

Les commerçants kazakhs veulent investir dans les secteurs minier et des transports.

Mais les problèmes de sécurité (terrorisme) limitent les investissements kazakhs à long terme, notamment dans les mines.

 

Néanmoins, depuis 2023, trois forums d’affaires (Astana, Almaty, Kaboul) ont abouti à des accords d’une valeur de 1,5 milliard USD : agriculture, mines et infrastructures.

Et en avril 2024, le Premier ministre kazakh a conduit une délégation à Kaboul pour explorer des investissements dans la chimie, les mines et la métallurgie.

 

De plus, le Kazakhstan soutient des projets régionaux comme le corridor ferroviaire Mazar-e-Sharif-Herat-Kandahar (1 468 km), en coordination avec l’Ouzbékistan et le Turkménistan, et un centre logistique à Herat, développé avec le Turkménistan, capable de gérer 1 million de tonnes de fret pétrolier par an.

 

 

L’Ouzbékistan est aussi très impliqué

Le volume commercial bilatéral entre les deux voisins a atteint 461 millions USD de janvier à juin 2024.

Une visite marquante du Premier ministre ouzbek, Abdulla Aripov, à Kaboul en août 2024 a marqué un très haut niveau d’engagement, avec la signature de 35 accords commerciaux et d’investissement d’une valeur de 2,5 milliards USD.

 

Il s’agit de projets d’énergie, de chemins de fer, comme le projet de chemin de fer Mazar-i-Sharif-Kaboul-Peshawar, qui vise à connecter l’Asie centrale à l’océan Indien, afin de renforcer la position de l’Ouzbékistan comme hub régional.

 

Aussi, la zone franche de Termez a été ouverte à la frontière pour stimuler le commerce et encourager des alternatives à l’opium. Cela vise à réduire la dépendance économique au trafic.

Les saisies d’opium et de méthamphétamine restent fréquentes à Termez.

 

Les talibans et l’Ouzbékistan coopèrent pour sécuriser la frontière, notamment via le pont de l’Amitié, une tâche difficile car l’Ouzbékistan est une voie de transit pour l’opium et l’héroïne vers la Russie et l’Europe.

Cela d’autant plus que la frontière est poreuse et la corruption locale importante.

 

L’Ouzbékistan voudrait aussi que les talibans luttent efficacement contre des groupes comme le Mouvement islamique d’Ouzbékistan (MIO), allié à l’État islamique-Khorasan (IS-K), qui peuvent utiliser l’Afghanistan pour attaquer le pays.

Daech a déjà ciblé Termez par des attaques à la roquette en 2022.

 

Par ailleurs, ce 17 août, un accord a été signé entre les talibans et l’Ouzbékistan, prévoyant le raffinage du pétrole brut afghan à la raffinerie ouzbèke de Fergana.

Contrairement au Tadjikistan, qui s’oppose fermement aux talibans et soutient la résistance anti-talibane, l’Ouzbékistan privilégie l’engagement économique et diplomatique.

 

 

Les projets du Turkménistan

Le Turkménistan partage une frontière de 804 km avec l’Afghanistan, servant de voie de transit pour l’opium vers l’Iran et l’Asie centrale.

Il a renforcé la sécurité à la frontière, mais la porosité permet le passage de drogues, notamment vers Herat, plaque tournante du trafic. Des saisies occasionnelles sont rapportées.

 

Le risque sécuritaire n’empêche pas le Turkménistan de promouvoir des projets, comme le gazoduc TAPI, Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan-India.

En août 2024, une cérémonie a marqué la reprise du projet.

 

D’un coût estimé de 9 à 10 milliards USD, de 1 800 km, il vise à transporter 33 milliards de mètres cubes de gaz turkmène vers l’Asie du Sud, générant environ 500 millions USD de frais de transit annuels pour l’Afghanistan.

 

D’autres initiatives incluent la ligne de transmission électrique Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan (TAP) et des projets ferroviaires comme Turgundi-Herat. En juillet 2024, des contrats de 200 millions USD ont été signés pour renforcer le commerce et la connectivité, notamment via le port maritime de Turkmenbashi et la sous-station électrique de Nurul Jihad à Herat.

 

En 2024, le commerce transfrontalier s’est intensifié via les postes-frontières d’Imamnazar-Aqina et Serhetabat-Torghundi, soutenus par une zone économique franche à Termez (bien que celle-ci soit associée à l’Ouzbékistan).

 

 

Les talibans misent sur le tourisme

Afin d’essayer de lutter un peu contre la pauvreté et malgré les droits humains largement bafoués, les talibans arrivent à attirer des touristes.

On peut noter quelques influenceurs, pas du tout gênés par la mise à l’écart des femmes. Ces derniers vantent les beautés de l’Afghanistan.

 

Les talibans, contrairement à la dernière fois où ils étaient au pouvoir, mettent en avant le patrimoine du pays, notamment les fameux Bouddhas de Bamyan, même s’ils sont partiellement détruits.

 

Les touristes restent néanmoins peu nombreux en Afghanistan.

Et si les autorités semblent essayer de faire des efforts, le patrimoine immatériel (musique, danse, folklore) reste interdit par les islamistes au pouvoir.

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