Éthiopie : catastrophe humanitaire et guerres sur de multiples fronts

Éthiopie : catastrophe humanitaire et guerres sur de multiples fronts

 

La guerre n’est pas encore terminée au Tigré

 

Une guerre a éclaté le 4 novembre entre l’Éthiopie et une région dissidente du nord, le Tigré.

Cette région est une région montagneuse frontalière de l’Érythrée et du Soudan.

 

L’Éthiopie est une fédération secouée par des tensions et violences ethniques.

Il faut savoir que par crainte d’une nouvelle guerre contre l’Érythrée, un important contingent militaire éthiopien stationne dans la région du Tigré.

 

C’est le « Commandement Nord ».

La moitié de l’armée fédérale y stationne.

Or, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avait accusé les autorités du Tigré d’avoir attaqué des bases de l’armée éthiopienne.

 

Impossible de vérifier car les communications ont été coupées par le gouvernement fédéral.

D’ailleurs c’est toujours le cas, le brouillard persiste.

 

Cette accusation fût le point de départ de la guerre : le Premier ministre éthiopien a par conséquent annoncé le lancement d’opérations militaires.

Cela faisait plusieurs mois que les autorités du Tigré défiaient l’autorité du gouvernement.

 

A noter qu’en octobre, donc avant le début de l’offensive, le gouvernement fédéral avait fait retirer des soldats fédéraux habituellement stationnés dans la région de l’Oromia, à l’ouest.

 

Il se préparait donc au conflit.

Au total, l’armée fédérale a environ 100 000 à 120 000 hommes, tandis que le Tigré aurait 250 000 hommes.

 

L’Éthiopie a décrété l’état d’urgence pour six mois au Tigré.

Des milliers de personnes ont été tuées, des millions ont été déplacées et plus de 50 000 réfugiés ont fui vers le Soudan voisin.

Pendant ce temps la crise humanitaire fait rage au Tigré.

 

Le gouvernement a déclaré sa victoire sur les chefs rebelles fin novembre, qui ont promis de continuer à se battre.

Des combats sporadiques se poursuivent au Tigré, notamment pour le contrôle des zones rurales. Il faut s’attendre à une longue guérilla.

 

En même temps, le gouvernement traque les responsables de la rébellion, enchaînant les prises de guerre. Certains responsables du TPLF sont tués, de nombreux autres sont capturés.

 

 

Quelle fût l’étincelle ?

 

La province du Tigré est située à 700 kilomètres au nord de la capitale Addis Abeba.

Elle était dirigée jusqu’il y a peu de temps par le Front de libération des Peuples du Tigré (TPLF).

 

Les tensions étaient vives depuis des mois entre le gouvernement central et la province du Tigré.

Les Tigréens, 6 millions d’habitants, représentent 6% de la population éthiopienne.

 

Or, et avant que Abiy Ahmed ne soit Premier ministre en 2018, le TPLF était au pouvoir depuis 30 ans en Éthiopie.

Abiy Ahmed est d’une ethnie différente : il est Oromo, l’ethnie la plus importante du pays.

 

Le TPLF accuse le gouvernement central de discriminer les Tigrés.

Tandis que pour le Premier ministre, ils supportent mal d’avoir perdu le pouvoir.

Avant le déclenchement de l’offensive début novembre, cela faisait des mois que la tension montait, après la tentative de sécession de la province début septembre.

 

En effet, en août le TPLF avait organisé des élections régionales illégales car le gouvernement avait décidé de reporter tous les scrutins en raison de la pandémie de Covid-19.

 

Le TPLF avait bien entendu remporté son élection régionale illégalement organisée.

Depuis, les autorités du Tigré et le gouvernement central / Parlement se considèrent mutuellement comme illégitimes.

 

Par-dessus le marché, en octobre, le Parlement éthiopien avait demandé au Trésor national d’envoyer l’argent habituel directement aux administrations locales, enjambant ainsi les autorités de la province du Tigré.

 

Cette décision fut très mal perçue par le TPLF.

Quelques jours après le début de la guerre, le parlement éthiopien a voté la révocation du parlement régional et de l’exécutif du Tigré. Les dirigeants du TPLF sont désormais en fuite et une nouvelle administration est déployée dans la région.

 

 

L’Érythrée est alliée au gouvernement fédéral contre le Tigré

 

A l’époque de la guerre entre Éthiopie et Érythrée (1998 – 2000), le TPLF était au pouvoir en Éthiopie.

Du coup, la haine est solide entre ce parti et l’Érythrée.

Le Tigré est pris en sandwich entre le gouvernement fédéral éthiopien et l’Érythrée.

 

Lorsque Abiy Ahmed devint Premier ministre en 2018, il a fait la paix avec l’Érythrée, ce qui lui a valu le prix Nobel de la paix en 2019.

Et l’Érythrée avait affiché son soutien au gouvernement fédéral éthiopien en octobre lors de la visite officielle en Éthiopie de son président, très médiatisée.

 

L’Érythrée est allée jusqu’à s’impliquer militairement dans la guerre du gouvernement fédéral éthiopien contre le Tigré.

En conséquence, les forces du Tigré ont à plusieurs reprises bombardé Asmara, la capitale de l’Érythrée.

 

 

Les Amharas soutiennent militairement le gouvernement central contre le Tigré

 

L’Éthiopie est divisée en 10 régions établies sur des bases ethniques.

La région Amhara est située au sud du Tigré.

Les Amharas représentent la deuxième communauté d’Éthiopie après les Oromos.

 

Leur province nourrit des revendications territoriales très anciennes : elle veut « récupérer » certaines terres, les districts de Wolqayt et de Tsegedé.

La région Amhara veut donc étendre son territoire au nord-ouest, jusqu’à la frontière avec l’Érythrée.

 

C’est pourquoi les Amharas sont enthousiastes pour aider les troupes fédérales éthiopiennes : des milliers de miliciens amharas ont rejoint le Tigré pour appuyer l’armée fédérale contre le TPLF.

 

Les jeunes partent combattre, tandis que ceux restés au pays aident de leur mieux, y compris en donnant leur sang.

 

Mais envisager le rattachement de certaines zones du Tigré à la région amhara voisine risque de déclencher un nouveau conflit.

Pour de nombreux Amharas, des zones amharas ont été rattachées au Tigré lorsque son parti, le TPLF, dirigeait l’Éthiopie pendant 30 ans.

 

Dans les zones de l’ouest du Tigré, ce sont d’ailleurs des Forces spéciales de la région Amhara qui assurent la sécurité.

Et des responsables d’ethnie amhara dirigent les administrations provisoires mises en place par le gouvernement fédéral.

 

D’autre part, des Amharas se sont installés dans des maisons abandonnées par des Tigréens en fuite. Ce genre d’annexions a lieu dans l’ouest et le sud du Tigré.

Les Tigréens habitant encore sur place vivent dans la peur.

 

 

Le traque des Tigréens

 

Non seulement le gouvernement fédéral poursuit sa traque des responsables du TPLF, désormais en fuite, mais il multiplie aussi les coups de filets contre des militaires ou journalistes tigréens (et aussi contre des journalistes non-tigréens).

Après 30 ans au pouvoir, les partisans du TPLF peuvent être partout.

 

Même M. Tedros, le directeur général de l’OMS, qui est Tigréen, est accusé de soutenir le TPLF.

Il fût plusieurs fois ministre dans l’ancien gouvernement éthiopien, celui qui était alors dominé par le TPLF.

 

Le traque des Tigréens concerne aussi les organisations internationales travaillant avec l’Ethiopie, ainsi que des hommes d’affaires.

Et des centaines de personnes ont pour le moment été arrêtées en Éthiopie, accusées de soutenir le TPLF.

 

Cela concerne également les missions de maintien de la paix en Somalie et au Soudan du Sud : des militaires éthiopiens ont été écartés.

On est sans nouvelles de certains d’entre eux, alimentant les inquiétudes sur leur sort.

 

 

Massacres contre des Amharas

 

Depuis des mois, des Amharas sont victimes de massacres dans plusieurs régions en Éthiopie : Oromia (ouest), Benishangul-Gumuz (ouest), et Tigré (nord).

Ils sont attaqués :

 

  • Oromia : par l’Armée de libération Oromo (OLA), un groupe de miliciens ethno-nationalistes de la région Oromia.

  • Benishangul-Gumuz : par les miliciens du TPLF, par le Front de libération Oromo (OLF) et par l’OLA

  • Tigré : par le TPLF

 

La dernière tuerie remonte seulement à mi- janvier, dans la province de Benishangul-Gumuz : au moins 80 morts, dont des enfants.

En décembre, une autre attaque avait fait plus de 200 victimes, poussant le Premier ministre à se rendre sur place.

 

Les Amharas sont perçus comme illégitimes dans le Benishangul-Gumuz, qui est aussi peuplé d’Oromos.

Mais les ethnies majoritaires dans la province sont Gumuz et Berta.

 

Cette région compte au total un million d’habitants.

Comme en Oromia, les groupes terroristes ont profité au Benishangul-Gumuz du retrait de troupes fédérales parties combattre au Tigré pour perpétrer leurs massacres.

 

Les tensions entre Oromos et Amharas, les deux ethnies les plus importantes du pays, ont fait des centaines de morts en 2020.

Et les Amharas sont les plus souvent victimes.

 

Ces massacres entraînent des fuites massives de populations amharas, qui arrivent de surcroît dans des zones où vivent déjà, sous tension, des milliers de personnes déplacées.

Le massacre le plus connu fût celui commis fin novembre dans l’ouest du Tigré, à Maï-Kadra : plus de 600 personnes furent cruellement tuées.

 

Une milice tigréenne est accusée.

L’on comprend mieux la volonté des Amharas de diriger l’ouest du Tigré où vivent encore de nombreux Amharas.

 

 

Offensive au Benishandul Gumuz pour mettre fin aux massacres

 

Le Premier ministre Abiy Ahmed veut débarrasser la région des groupes terroristes (TPLF, OLF et OLA) commettant des massacres contre les Amharas.

A noter que l’OLA est aussi en rébellion contre le gouvernement, multipliant les exactions, enlèvements…

 

Rappelons aussi que cette province frontalière du Soudan est stratégique car s’y trouve le futur Barrage de la Renaissance, qui serait le plus grand barrage d’Afrique.

De plus, elle est désignée par le gouvernement comme prioritaire pour le développement agricole.

 

Des investisseurs ont pris le contrôle de centaines de milliers d’hectares, mais ces derniers n’ont pas tenu compte du partage traditionnel des terres.

Et de nombreuses injustices ont alimenté les conflits terriens entre ethnies.

 

C’est une région frontalière du Soudan, avec une forte porosité : la frontière de l’Ethiopie avec le Soudan est longue et difficile à surveiller.

Le Premier ministre éthiopien soupçonne que les terroristes s’arment et s’entraînent au Soudan.

 

 

Début d’une guerre entre Éthiopie et Soudan

 

Une partie du territoire soudanais, appelé le triangle d’el-Fashaga, est toujours disputée entre l’Éthiopie et le Soudan.

Des milliers d’agriculteurs éthiopiens amharas y sont installés depuis 25 ans et sont protégés par les milices de l’Amhara voisine.

 

C’est une terre agricole très fertile.

Cela faisait plusieurs mois que le gouvernement de transition du Soudan souhaitait que l’Éthiopie les encourage à se retirer de la zone.

 

Non seulement pour récupérer ses terres, mais aussi car les milices amharas sont régulièrement accusées d’exactions contre les Soudanais.

Avec l’arrivée de renforts de part et d’autres, la tension monte entre les armées soudanaise et éthiopienne depuis le début de l’offensive dans le Tigré.

 

En effet, profitant du désordre et du retrait de troupes éthiopiennes dans le secteur, le Soudan a récupéré la plupart de ses terres il y a deux mois.

A déplorer : des victimes civiles et des pillages de fermes.

 

Des affrontements armés meurtriers eurent lieu entre les forces soudanaises et éthiopiennes. D’autre part, une milice éthiopienne est accusée d’avoir attaqué un village et tué des Soudanais il y a quelques jours.

 

Le Soudan essaie de faire valoir sa cause à l’international, tandis que l’Ethiopie adoucit un peu sa position, proposant la réactivation d’un comité spécial conjoint.

Cependant, les négociations sont au point mort entre les deux pays.

 

 

Fortes tensions autour du Barrage de la Renaissance

 

Le Soudan et l’Égypte, tous deux opposés au méga barrage de la Renaissance construit par l’Éthiopie, font partie de la même alliance internationale, qui est opposée à la confrérie des Frères musulmans.

 

Pour le Soudan, ce barrage, construit dans l’ouest de l’Éthiopie dans une zone toute proche du Soudan, menace son barrage de Roseires.

C’est surtout l’Égypte qui est opposée au barrage, car il réduirait le débit du Nil irrigant 90 % de ses champs.

 

Or, l’Éthiopie est empressée de remplir au plus vite son futur barrage, aux 2/3 construit. Actuellement, les négociations entre les trois pays sont au point mort.

Le Nil, qui coule sur quelque 6 000 kilomètres, est une source d’approvisionnement en eau et en électricité essentielle pour une dizaine de pays d’Afrique de l’Est.

 

L’Éthiopie entend généraliser l’accès à l’électricité d’ici 2025. Actuellement, la moitié de sa population de 110 millions d’habitants vit sans électricité.

Même dans la capitale, les coupures sont courantes.

 

Donald Trump, la Banque mondiale et l’Union africaine ont essayé de faire de la médiation, en vain. Finalement, le président américain s’est emporté, accusant l’Ethiopie de ne pas avoir respecté un accord, et clamant que l’Egypte, ne pouvant accepter la situation, ferait sauter le barrage.

 

Après cet épisode houleux furent organisées de nouvelles négociations, qui ont aussi échoué.

Le Soudan, soumis à la pression des USA et de l’Égypte, avait accepté de s’opposer vivement au barrage, même si au point de départ il ne cherchait pas l’escalade.

 

Ce pays a en effet beaucoup de problèmes internes : le gouvernement de transition est fragile, les difficultés économiques très préoccupantes, tout comme la pauvreté dans le pays.

Les autorités cherchent à reconstruire l’économie du pays.

 

Environ 65% des quelque 42 millions d’habitants du Soudan vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Mais désormais, suite aux heurts frontaliers entre Ethiopie et Soudan au sujet du triangle d’el-Fashaga, l’inimitié est forte entre les deux pays.

 

 

L’arrivée des réfugiés éthiopiens au Soudan risque d’appauvrir les Soudanais

 

Le Soudan accueille généreusement les réfugiés venant d’Éthiopie, mais cela est difficile pour ses finances.

Il a besoin de plus d’aide internationale.

Depuis début novembre, plus de 58.000 réfugiés d’Éthiopie sont arrivés au Soudan.

 

Les agences de l’ONU et ses partenaires s’activent pour ouvrir davantage de camps de réfugiés et aider les populations.

Il faut aller vite, car la prochaine saison des pluies devrait commencer en mai.

 

Fin 2020, 40 millions de dollars ont été promis au HCR pour sa réponse régionale à l’urgence dans la région du Tigré en Éthiopie. Une somme insuffisante.

Le Soudan est un des pays les plus pauvres du monde et compte déjà plus d’un million de réfugiés.

 

De plus, les régions accueillant actuellement les nouveaux réfugiés sont déjà très pauvres.

Ces réfugiés créent naturellement une concurrence pour l’accès à l’aide, à la nourriture, aux soins essentiels.

 

De plus, la situation sanitaire dans les camps de réfugiés est préoccupante : des maladies font leurs apparitions.

Le Soudan craint de devoir accueillir jusqu’à 200 000 réfugiés.

 

 

Tigré : situation humanitaire très critique

 

De rares convois humanitaires ont pu apporter des vivres mais l’accès est encore restreint et les télécommunications coupées.

L’Union européenne a suspendu son aide budgétaire à l’Éthiopie d’un montant de 88 millions d’euros jusqu’à ce que les agences humanitaires puissent accéder au Tigré.

 

Le gouvernement fédéral a instauré une administration provisoire au Tigré, qui prétend que les services de bases ont repris.

Cependant les difficultés persistent.

 

Le Tigré, région pauvre, faisait déjà face à d’importants problèmes de sécurité alimentaire avant le début du conflit : 600.000 personnes dépendaient d’une aide alimentaire.

En plus de la pandémie, 2020 fut marquée par une terrible invasion de criquets pèlerins.

 

Actuellement, des centaines de milliers de personnes ont besoin d’une aide urgente au Tigré. Elles manquent de nourriture, d’eau et de services de santé.

Plus globalement, en raison des combats, ce sont maintenant 2,3 millions de personnes qui ont besoin d’aide.

 

L’ONU est encore plus inquiet pour les réfugiés érythréens vivant dans le Tigré.

Au début du conflit en novembre, ils étaient près de 100 000 à vivre en Éthiopie

Il s’agit essentiellement de personnes ayant fui l’Erythrée autoritaire.

 

 

Crimes de guerre

 

L’Érythrée est alliée aux forces fédérales éthiopiennes et il est question de vengeances contre les dissidents érythréens vivant au Tigré : il y a de nombreux témoignages d’exactions commises par des soldats érythréens.

 

Des Érythréens fuient démunis les camps de réfugiés du Tigré.

Des images satellitaires montrent que des camps sont détruits.

Les personnes restant dans les camps ne reçoivent plus de nourriture ni d’eau.

 

De plus, ceux qui arrivent à atteindre la capitale sont renvoyés au Tigré ou en Érythrée.

Beaucoup fuient au Soudan : depuis début novembre 2020, plus de 58.000 réfugiés ont fui vers le Soudan voisin.

 

Les témoignages de ces réfugiés sont terrifiants au sujet de crimes de guerre commis au Tigré par des soldats érythréens.

Mais sont aussi accusés d’exactions les autres camps : armée fédérale éthiopienne, miliciens amharas ou tigréens.

 

Au sujet des soldats du Tigré, l’ONU réclame une enquête sur un massacre qu’ils auraient commis, faisant des centaines de victimes civiles à Mai-Kadra, dans le sud-ouest du Tigré. Le Premier ministre éthiopien aussi dénonce des crimes de guerre commis par les soldats tigréens.

 

 

L’Éthiopie s’éloigne de l’alliance autour de l’Arabie saoudite

 

Les Émirats Arabes Unis ont aidé financièrement l’Éthiopie en juin 2018, et ont joué un rôle dans son rapprochement avec l’Érythrée.

Ce rapprochement était important pour l’Éthiopie car elle veut un accès à la Mer Rouge, accès géographiquement barré par l’Érythrée.

 

Pour le moment, ses activités d’import-export se font en majeure partie via Djibouti.

Elle en dépend et aimerait gagner son indépendance maritime.

Les Émirats Arabes Unis ont une base militaire en Érythrée et dans le Somaliland (région du nord de la Somalie, indépendante de facto).

 

C’est important dans le cadre de leur lutte contre les Houthis du Yémen.

D’autres aides avaient ensuite confirmé que l’Éthiopie faisait partie de l’alliance EAU – Arabie saoudite – Égypte. Alliance rejointe par le Soudan suite à son changement de régime.

 

Mais par la suite, la tension forte au sujet du futur barrage de la Renaissance entre Égypte et Éthiopie ont changé la donne.

La Turquie (pays hostile à l’alliance autour de l’Arabie saoudite), a déjà une base militaire en Somalie.

 

Elle crée des liens forts avec l’Éthiopie : c’est son deuxième principal investisseur, après la Chine.

Elle investit dans énormément de secteurs différents : bâtiment, textile, industrie, tourisme, les services…

 

Éthiopie comme Turquie ont un point de vue convergent : leur hostilité à l’Egypte, pour des raisons différentes.

Leur alliance semble naturelle. Vu le dynamisme du président Erdogan, il faut s’attendre à d’autres projets turcs en Éthiopie.

Sources: AFP, ONU, RFI

 

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