Côte d’Ivoire : fortes tensions ethniques et religieuses

Côte d’Ivoire : fortes tensions ethniques et religieuses

 

Que se passe-t-il ?

 

En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, 78 ans, est le président depuis 2011.

Il s’est présenté à un 3e mandat, qu’il a remporté fin octobre, selon la commission électorale ivoirienne.

 

Mais l’opposition, dirigée par le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Henri Konan Bédié, conteste ce troisième mandat.

L’opposition le juge inconstitutionnel.

 

La loi ivoirienne prévoit un maximum de deux mandats mais le Conseil constitutionnel estime qu’avec la nouvelle Constitution de 2016, le compteur des mandats a été remis à zéro.

 

Alassane Ouattara a obtenu 94,27% des voix, surtout en raison du boycott de l’opposition.

Après l’élection, elle a proclamé un « conseil national de transition ».

Du coup, le pouvoir accuse l’opposition de « sédition ».

 

Depuis l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara début août, les violences ont fait au moins 85 morts, dont 31 depuis l’élection. Et environ 8 000 personnes ont fui à l’étranger, surtout au Libéria.

 

Il y a seulement 9 ans la Côté d’Ivoire vivait des conflits très graves en raison des présidentielles. Cela avait entraîné la mort de plus de 3.000 personnes, l’exil de 300.000 personnes, et le déplacement interne d’un million d’Ivoiriens.

 

Côte d'Ivoire — Wikipédia

 

Le conflit est-il en voie d’apaisement chez les politiques ?

 

L’heure est au dialogue. L’ONU, la Cédéao, l’Union africaine et la France insistent sur ce sujet.

Avant la présidentielle, l’opposition avait appelé la population ivoirienne à la « désobéissance civile ».

 

Ce qui a entraîné des mesures policières et judicaires contre ces opposants pour « rébellion contre l’autorité de l’État », mais aussi pour « meurtres » ou terrorisme.

 

Malgré les nombreux morts et blessés et les destructions, les 2 principaux protagonistes se sont parlés.

Le président réélu, Alassane Ouattara, et le principal chef de l’opposition, Henri Konan Bédié, qui est aussi un ancien chef d’État, se sont rencontrés.

 

Ils assurent être tous 2 attachés à la paix.

Les opposants se réunissent à leur tour ce vendredi pour décider de la suite des événements. L’opposition est très hétéroclite, mais se réunit sur plusieurs points.

 

Avant tout dialogue avec le pouvoir, elle demande :

  • Un médiateur extérieur (car l’Afrique a reconnu le président)

  • Une enquête internationale sur les violences

  • La levée du blocus des résidences de tous les opposants

  • La libération des prisonniers politiques et l’arrêt des poursuites judicaires à leur encontre

 

 

De nombreuses violences ethniques et religieuses

 

Sur les affrontements politiques se greffent d’importants conflits ethniques.

Alassane Ouattara appartient au peuple Malinké, d’où sont issus les Jula (ou Dioula, qui sont musulmans), une importante classe commerçante.

 

Dans le Centre-Est du pays, les Dioula, originaires du Nord, sont réputés pro-Ouattara.

Au contraire, les Agni (animistes, chrétiens), une ethnie locale, sont connus pour être favorables à l’opposition.

 

Ces deux ethnies se sont violemment affrontées au sujet de la présidentielle. Il y eût de nombreux morts, blessés et d’importantes destructions.

Les Dioula ont également affronté les Baoulés, ethnie locale du côté de l’opposition.

 

Dans l’ouest du pays aussi, les tensions ethniques sont explosives.

C’est une zone économique importante car elle produit du cacao, exporté à travers le monde. La Côte d’Ivoire en est le premier producteur mondial.

 

L’ethnie locale des Guéré, pro-opposition, affronte les Dioula, ethnie qui vient du nord, ainsi que des immigrés burkinabè.

Les exploitations de caco, qui génèrent d’importants revenus, créent des tensions liées à la richesse.

 

Les locaux accusent l’ethnie d’Alassane Ouattara de s’accaparer les terres, les richesses, le commerce.

Et lles Burkinabè sont accusés d’être alliés à l’ethnie Dioula et d’en profiter.

 

 

De nombreux enfants travaillent dans l’ouest

 

Malgré les promesses de lutter contre le travail des enfants, ils sont encore nombreux à travailler dans les plantations de cacao de l’ouest.

Le travail des enfants est même en augmentation.

 

Cependant, le gouvernement ivoirien communique pour montrer des progrès.

Récemment, par exemple, il a mis en valeur une opération de police ayant secouru des enfants exploités.

 

Selon les ONG, plus d’un million d’enfants travailleraient dans les plantations de cacao en Afrique de l’Ouest. Et dans des conditions dangereuses.

Les USA envisagent des sanctions. C’est aussi pour cette raison que le gouvernement ivoirien essaie de montrer des résultats.

Sources: AFP, ONU, RFI

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Gnamba Benjamin
Gnamba Benjamin
15 jours plus tôt

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