Ethiopie : la guerre a éclaté

Ethiopie : la guerre a éclaté

 

Que se passe-t-il ?

 

Une guerre a éclaté entre l’Ethiopie et une région dissidente du nord, le Tigré.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed accuse les autorités du Tigré d’avoir attaqué des bases de l’armée éthiopienne. Mais on ne sait pas si c’est vrai ou non.

 

Il a donc annoncé le lancement d’opérations militaires contre ces autorités.

Il a décrété mercredi matin l’état d’urgence pour six mois au Tigré, ce que les députés éthiopiens ont approuvé jeudi.

 

 

Rappel du contexte

 

La province du Tigré est située à 700 kilomètres au nord de la capitale Addis Abeba.

Elle est dirigé par le Front de libération des Peuples du Tigré (TPLF).

 

Cela fait des mois que les tensions sont très vives entre le TPLF et le gouvernement central.

Avant que Abiy Ahmed ne soit Premier ministre en 2018, le TPLF était au pouvoir en Ethiopie.

 

Les Tigréens représentent 6% de la population éthiopienne.

Abiy Ahmed est d’une ethnie différente : il est Oromo. Cette ethnie est la plus importante du pays.

 

Le TPLF accuse le gouvernement central de discriminer les Tigrés.

Le Premier ministre dit qu’ils supportent mal d’avoir perdu le pouvoir.

Depuis des semaines la tension montait, après la tentative de sécession de la province début septembre.

 

En effet, en août le TPLF a organisé des élections régionales illégales car le gouvernement avait décidé de reporter tous les scrutins en raison de la pandémie de Covid-19.

 

Depuis, les autorités du Tigré (le TPLF a bien sûr remporté son élection régionale) et le gouvernement central / Parlement se considèrent mutuellement comme illégitimes.

 

Par-dessus le marché, en octobre, le Parlement éthiopien a demandé au Trésor d’envoyer l’argent habituel directement aux administrations locales, enjambant ainsi les autorités de la province du Tigré. Cette décision fut très mal perçue par le TPLF.

 

L’Ethiopie est une fédération, et la région du Tigré est stratégique car elle borde l’Érythrée ayant été en guerre plusieurs dizaines d’années contre l’Ethiopie.

Il y a donc au Tigré un important contingent militaire éthiopien. Le Premier ministre accuse les autorités du Tigré de l’avoir attaqué.

 

 

Réactions internationales

 

Internet et les liaisons aériennes sont coupées et les informations sont très difficiles à obtenir.

De violents combats ont eu lieu, et les opérations militaires devraient se poursuivre pour reprendre le contrôle du Tigré.

 

Des renforts éthiopiens affluent tandis que le Tigré affirme avoir une importante milice paramilitaire.

Les USA, l’Union Africaine et l’ONU appellent à l’apaisement, à une désescalade des tensions.

 

Quelle est la réaction de l’Erythrée ?

Ce pays est traditionnellement très fermé, et communique peu.

 

L’on peut néanmoins noter qu’en octobre le président érythréen Issayas Afewerki a achevé une visite officielle très médiatisée en Ethiopie, en compagnie du Premier ministre Abiy Ahmed.

 

Une occasion pour les deux hommes à la fois de réaffirmer leur amitié, et d’envoyer un signal aux autorités du Tigré comme quoi il est inutile d’instrumentaliser l’Erythrée, pays situé au nord du Tigré, dans le conflit.

 

 

Attaques contre des civils Amharas dans l’ouest, nombreux morts

 

Il n’y a pas que le conflit entre le pouvoir central et la province rebelle du Tigré.

Alors que l’Ethiopie dans son ensemble connaît régulièrement des tensions communautaires, le 1er novembre, dans l’ouest, au moins 54 civils ont été tués et de nombreux autres blessés.

 

Parmi toutes ces victimes, de nombreuses femmes et enfants abattus froidement.

Un groupe armé a attaqué ces membres de l’ethnie amhara, dans la région de l’Oromia.

 

L’interrogation est forte, car le Premier ministre, d’ethnie oromo, Prix Nobel de la Paix 2019, avait fait retirer des soldats fédéraux habituellement stationnés dans la zone, et ensuite une soixantaine de miliciens ont investi trois villages pour commettre le massacre.

 

De plus, alors qu’une manifestation de l’ethnie Amhara contre ces massacres devait avoir lieu fin octobre, elle a été annulée par le gouvernement.

 

Les tensions entre Oromos et Amharas, les deux ethnies les plus importantes du pays, ont fait des centaines de morts cette année.

Et les Amharas sont les plus souvent victimes.

 

Si aucune revendication n’a été faite, l’on soupçonne l’Armée de libération Oromo (OLA), un groupe de miliciens ethno-nationalistes de la région Oromia.

Depuis deux ans, l’OLA mène une guérilla contre l’armée nationale, elle aussi est accusée de nombreuses exactions.

Sources: AFP, ONU, RFI

 

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